Azote : le broyage et la restitution au sol d’une dernière coupe de luzerne dopent le rendement du blé suivant

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Julien Halska, de Bio Bourgogne Franche Comté : « Pour la luzerne, le niveau de biomasse à la dernière coupe à l’automne est le plus important pour restituer le plus possible d’azote à la culture suivante, davantage que les coupes précédentes. » Crédits : © C. Gloria

Laissée en culture deux ou trois ans, la luzerne bénéficie à la culture suivante par son effet nettoyant contre les adventices, la structuration du sol et l'apport d'azote, surtout si la légumineuse est restituée au sol. 

Les légumineuses fourragères (luzerne, trèfles) sont très efficaces pour fixer l’azote de l’air, davantage que les cultures de légumineuses à graines. Une prairie temporaire de luzerne pendant trois ans est couramment à la base des systèmes d’agriculture biologique, pour l’apport d’azote et aussi le « nettoyage » des parcelles vis-à-vis des adventices comme le chardon. « Pour la luzerne, le niveau de biomasse à la dernière coupe à l’automne est le plus important pour restituer le plus possible d’azote à la culture suivante, davantage que les coupes précédentes. L’azote restitué par ces dernières est consommé par la luzerne elle-même », indique Julien Halska, conseiller spécialisé en grandes cultures biologiques, de Bio Bourgogne-Franche-Comté.

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Après la destruction de la luzerne à l’automne, le blé n’est pas forcément la culture idéale, car la céréale commence à absorber de l’azote seulement à partir de mars. D’ici là, l’azote libéré par la luzerne peut subir des pertes importantes par lessivage. « L’idéal serait de faire une culture de printemps avec, dans ce cas, une destruction de luzerne après l’hiver. Autre possibilité, détruire la luzerne plus tôt et cultiver un colza derrière qui consomme de l’azote à l’automne », précise le conseiller.

Combiner intérêt économique de la luzerne déshydratée et restitution d’azote

La luzerne gérée en prairie temporaire est plus dense que celle cultivée comme porte-graine. Cette dernière apportera moins d’azote et sera moins efficace contre les adventices. Quid de la luzerne déshydratée ? Un essai mené avec la chambre d’agriculture de la Nièvre sur une culture de blé succédant à de la luzerne montre un rendement significativement supérieur (+8 q/ha) après la légumineuse 100 % restituée (prairie) par rapport à une luzerne 100 % exportée, comme c’est le cas pour la production de luzerne déshydratée.

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Une modalité de l’essai dans laquelle toutes les coupes de luzerne sont exportées sauf la dernière, broyée, offre un gain de rendement de 7,5 q/ha. « C’est la modalité la plus intéressante d’un point de vue économique : le coût lié à la non-récolte de la dernière coupe de luzerne est largement compensé par l’accroissement du rendement en blé », concluent Bio Bourgogne-Franche-Comté et la chambre régionale d’agriculture.

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