Maïs : comment gérer une pression de ray-grass de plus en plus importante ?

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Dans le mais, le ray-grass est rencontré dans des infestations de plus en plus importante, avec des plantes résistantes à des herbicides. Crédits : © Arvalis
En traitement de prélevée, les produits à base de DMTA-P sont les plus performants contre le ray-grass. Crédits : © Arvalis

Déjà devenue l’adventice majeure en céréales à paille à l’automne, le ray-grass se retrouve de plus en plus à des niveaux d’infestation importants dans des cultures de printemps, comme le maïs. État des lieux des moyens de lutte contre cette graminée.

Le ray-grass s’invite de plus en plus comme une adventice infestant fortement des cultures de printemps telles que le maïs alors que cette graminée présente un cycle de développement plutôt calé sur les cultures d’hiver. « L’espèce s’adapte au changement climatique. Elle lève un peu toute l’année, observe Valérie Bibard, spécialiste désherbage maïs Arvalis. Sa présence n’est pas liée à la culture, mais plutôt à la parcelle, notamment là où il y a un historique de rotations culturales courtes et des résistances à des herbicides. » Le grand Bassin parisien fait partie des régions concernées par la problématique ray-grass. « On peut avoir des densités de plusieurs centaines de pieds de cette graminée au mètre carré », rapporte Bastien Chopineau, ingénieur Arvalis en région Centre.

Quels sont les moyens efficaces de lutte contre le ray-grass sur maïs ? « Si l’on est en présence de ray-grass résistant à des herbicides [des groupes HRAC 1 ou 2], il faut faire un traitement de prélevée avec le seul anti-graminées qui reste, le DMTA-P », cite Valérie Bibard. Le DMTA-P (ou diméthénamide-P) est contenu dans des produits comme Isard ou Dakota-P. Autre substance active, le péthoxamide appartient à la même famille chimique que le DMTA-P. « Il montre une efficacité sur le ray-grass un peu inférieure et, en outre, le produit Successor 600 devrait être retiré du marché en 2027 », informe Bastien Chopineau.

Un traitement de prélevée à réaliser juste après semis

La pendiméthaline peut être associée au DMTA-P (produit Dakota-P) en prélevée pour apporter un complément d’efficacité sur les graminées. « Le traitement de prélevée devra être réalisé juste après le semis, car les levées de ray-grass sont très rapides », prévient Bastien Chopineau. Valérie Bibard ajoute qu’un traitement de prélevée est utile, « pour regrouper les levées ultérieures et rendre plus facile le positionnement du traitement de post-levée qui se fera sur des stades plus homogènes de l’adventice. »

Si les ray-grass ne sont pas résistants à des herbicides, un traitement de post-levée bien réalisé peut suffire avec des produits à base de sulfonylurée (nicosulfuron, rimsulfuron, foramsulfuron) à dose forte pour en assurer l’efficacité. En maïs, avec des printemps secs assez fréquents, on peut être confronté à un défaut d’efficacité des traitements de prélevée. « Le traitement de post-levée devient alors incontournable, avec une action y compris sur des graminées résistantes à la famille des sulfonylurées, remarque Bastien Chopineau. Dans notre région, nous avons beaucoup de cas de résistance au nicosulfuron. En revanche, des produits à base de foramsulfuron peuvent encore être efficaces. »

Monsoon Active (foramsulfuron + thiencarbazone-méthyl + cyprosulfamide) est présenté comme l'herbicide de post-levée le plus performant sur ray-grass. Mais il a une DVP (dispositif végétalisé permanent) de 20 mètres. Si cela est rédhibitoire pour l’agriculteur, une alternative est d’utiliser le produit Equip (foramsulfuron + isoxadifen-éthyl) qui n’a pas cette contrainte réglementaire.

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Un binage en complément de l’utilisation des herbicides

De bonnes conditions d’application d’herbicides peuvent faire la différence : temps poussant, au moins 70 % d’hygrométrie, une adjuvantation de Monsoon avec de l’huile, des ray-grass jeunes (pas plus de 2 feuilles) en post-levée. En prélevée, il faut un sol humide. « L’idéal est d’avoir une pluie d’au moins 10 mm dans les dix jours qui suivent le traitement », observe Bastien Chopineau.

Le binage est un levier de lutte utile contre les adventices. « Ce sera efficace à condition de s’attaquer à des ray-grass jeunes et d’avoir des conditions très sèches : au moins trois jours sans pluie après l’intervention », précise Valérie Bibard. Mais le binage touche peu le ray-grass sur le rang. Bastien Chopineau met en avant une autre technique de désherbage mécanique. « Il est possible de passer une herse étrille en prélevée avant le stade pointant du maïs dont les semences sont à 5 cm de profondeur. Notamment les années où l’on a semé dans le sec, l’outil sera efficace sur des graminées au stade filament à cette période. »

Mais avant d’avoir à détruire des ray-grass dans un maïs, il faut mettre tous les moyens en œuvre pour semer dans une parcelle la plus propre possible. La destruction du ray-grass avant le semis passe par le recours au labour (un an sur trois), la préparation du sol avec des techniques de faux semis, l’utilisation de glyphosate en système sans labour…

Du DMTA-P à utiliser avec modération

L’utilisation d’herbicides à base de DMTA-P est devenue telle sur diverses cultures que des précautions doivent être prises pour éviter le transfert dans les eaux. Une fiche dresse les recommandations d’usage. Pour toutes les surfaces désherbées avec du DMTA-P, une dose maximale de 864 g/ha/an est recommandée, équivalant à 1,2 l/ha du produit Isard. Sur les aires d’alimentation de captages prioritaires, la dose maximale à ne pas dépasser est fixée sur deux ans : 1 152 g/ha de la matière active herbicide.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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