SIA 2026
Désherbage : ray-grass et vulpin accentuent leur pression au fil des ans sur les cultures
Les projets GramiCible et GramiCombi dévoilent de premiers résultats sur la lutte contre vulpins et ray-grass en grandes cultures. Les graminées adventices prennent de l’ampleur un peu partout en France.
Les projets GramiCible et GramiCombi dévoilent de premiers résultats sur la lutte contre vulpins et ray-grass en grandes cultures. Les graminées adventices prennent de l’ampleur un peu partout en France.
Une présence généralisée du ray-grass en tant qu’adventice sur l’ensemble du territoire français ; un vulpin majoritaire parmi les graminées adventices dans l’est et le nord-est de la France ; de nombreuses zones où les deux mauvaises herbes sont associées : une carte de France des graminées automnales a été présentée par les instituts techniques le 24 février 2026 à l’occasion du Salon international de l’agriculture à Paris. Elle a été réalisée entre 2024 et 2025 dans le cadre du projet GramiCible avec un diagnostic mené auprès de 80 organismes : coopératives, négoces, chambres d’agriculture, instituts techniques…
Des foyers historiques de ray-grass et vulpin dans le centre et le sud
Ray-grass et vulpin sont des graminées automnales montrant une forte nuisibilité vis-à-vis des céréales à paille en particulier. Elles se développent un peu partout. « Dans des régions comme le Centre et dans le sud, ces graminées sont fortement présentes depuis plus de quinze ans, remarque Anne Danthony, Arvalis. Le nord-ouest est plus récemment touché par ces infestations, sans doute grâce à des rotations culturales longues qui ont freiné l’expansion de ces adventices. »
Une enquête en ligne auprès de 1398 agriculteurs montre l’importance du problème : 72 % d’entre eux déclarent avoir des problèmes de désherbage des graminées, avec un impact sur leur production. Le ray-grass et le vulpin sont mentionnés par 55 % des agriculteurs. Il est vrai que ces graminées ont développé des résistances à diverses familles d’herbicides, rendant plus compliquée leur destruction avec le désherbage chimique. La réduction des molécules herbicides disponibles ne fait qu’accroître les difficultés de leur contrôle. Ces deux facteurs sont cités en tête des raisons pour lesquelles la gestion des graminées est difficile par les organismes prescripteurs.
Un manque de temps des agriculteurs pour bien gérer les graminées
En outre, ces adventices tirent parti parfois de rotations culturales trop courtes et de conditions climatiques empêchant les interventions pour les gérer. Localement, certaines situations compliquent la donne : sols argileux hydromorphes, parcelles drainées avec restrictions d’emplois de certains herbicides, autres restrictions réglementaires comme en zones de captage… L’étude montre également le manque de temps des agriculteurs pour bien gérer cette problématique.
Rotations culturales, labours et faux-semis apparaissent comme les trois leviers de lutte complémentaire du désherbage chimique utilisés pour lutter contre les graminées adventices. Il n’y a pas de solutions universelles contre ces mauvaises herbes mais des solutions à adapter à chaque situation, en combinant les différents leviers de lutte. Trois projets de recherche menés par les instituts sont en cours sur la gestion des graminées en grandes cultures : GramiCible (diagnostic, appropriation de solutions), GramiCombi (prophylaxie contre les graminées, combinaison de leviers de lutte) et Parad (actions prospectives (robotique…) sur toutes les adventices). Le projet GramiCible a fait l’objet de 83 essais en 2024-2025. Les résultats seront valorisés au travers de fiches-leviers qui paraîtront à la fin du projet en 2027. Un colloque au champ sera organisé le 21 mai sur le site d’Arvalis à Boigneville (Essonne).
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