[Vidéo] Désherbage : « En système TCS, un faux semis réalisé dans de bonnes conditions peut être efficace, parmi les leviers de lutte contre le ray-grass. »
Formateur à Icosystème, Damien Derrouch observe la problématique croissante du ray-grass en situation de non-labour, parmi les adventices à contrôler. Il apporte des préconisations adaptées en matière de lutte.
Formateur à Icosystème, Damien Derrouch observe la problématique croissante du ray-grass en situation de non-labour, parmi les adventices à contrôler. Il apporte des préconisations adaptées en matière de lutte.
Le ray-grass a la particularité d’être très présent aussi bien dans les systèmes avec travail du sol que ceux avec réduction du travail du sol. La graminée présente des populations résistantes à divers herbicides, ce qui complique son contrôle. À côté d’herbicides, dont certains restent efficaces malgré tout quand ils sont appliqués dans de bonnes conditions, d’autres leviers de lutte sont à privilégier en travail du sol réduit (TCS ou semis direct).
De façon à ne pas favoriser le développement du ray-grass au fil des ans dans une parcelle, il existe plusieurs moyens « d’intercepter » les semences pour qu’elles ne produisent pas de pieds, comme l’explique Damien Derrouch, formateur à Icosystème. L’écimage, les broyeurs à menues pailles ou l’exportation de ces dernières contribueront à réduire le stock semencier de cette adventice. Le faux semis n’est pas à négliger. « Réalisé dans de bonnes conditions, il peut avoir une bonne efficacité », assure le formateur.
La rotation culturale est un levier efficace également en introduisant des nouvelles cultures, voire prairies. « Il faut garder dans un coin de sa tête l’idée de pouvoir recourir au labour de manière occasionnelle, pour les situations catastrophiques en termes d’infestation », considère Damien Derrouch. Le labour sera efficace seulement s’il est combiné à un semis direct. Il positionnera les semences en profondeur, qui ne pourront plus germer. Lors des années de semis direct qui suivront, on aura alors peu de levées de ray-grass.
D’autres adventices peuvent tirer parti du non-travail du sol. « Sur une longue durée de semis direct, nous avons pu constater une diminution du vulpin, ce qui est une bonne chose », observe Damien Derrouch. En revanche, les graminées estivales (panic, sétaires, digitaires) peuvent augmenter à l’issue de six ou huit ans de semis direct. Mais le chardon des champs en sa qualité de vivace peut devenir l’adventice la plus problématique en système sans travail du sol.