L’interprofession lait de chèvre se projette à dix ans

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La filière lait de chèvre imagine installer 500 à 600 exploitations caprines dans les dix prochaines années. Crédits : © D. Hardy

L’Anicap, l’interprofession caprine, a répondu aux conférences de souveraineté alimentaire en se projetant dans une croissance de la production de 30 à 60 millions de litres de lait de chèvre supplémentaires d’ici 2035.

En réponses aux conférences de souveraineté alimentaire entreprises par la ministre de l’Agriculture début décembre, l’Association nationale interprofessionnelle caprine (Anicap) a pesé les forces et les faiblesses de la filière pour imaginer un plan d’avenir. « Le lait de chèvre a des atouts, expose Mickaël Lamy, éleveur de chèvres dans le Maine-et-Loire et président de l’Anicap. Nous ne sommes pas exposés à la volatilité des cours mondiaux et la consommation des produits au lait de chèvre reste globalement orientée à la hausse. » Autre point positif : « la filière française n’est plus vraiment en compétition avec les autres bassins de production de chèvre en Europe », observe Mickaël Lamy en citant le Benelux et l’Espagne qui connaissent un affaiblissement de leur dynamique.

De 500 à 600 installations

En poursuivant une croissance estimée entre 0,5 et 1 % par an, la filière française se projette avec une demande supplémentaire de 5 000 à 10 000 tonnes de fromages, soit 30 à 60 millions de litres de lait de chèvre d’ici 2035. « Cela revient à installer 500 à 600 exploitations sur dix ans qui permettraient d’accompagner le renouvellement des générations et de couvrir les volumes additionnels », indique le document remis au ministère.

Renforcer les investissements

La perspective de croissance repose toutefois sur un préalable : il faut renforcer les capacités d’investissement dans les exploitations. Or, la filière observe une frilosité des banques à financer des projets d’installation et de modernisation alors que trop d’éleveurs ont de faibles revenus et que les coûts de construction ont fortement augmenté ces dernières années. Pourtant, la modernisation des bâtiments constitue un levier important. « On ne réussit plus à sortir des bâtiments neufs, regrette Mickaël Lamy. Pourtant, quand on investit dans du neuf, on ramène de la modernité, du confort de vie et de la productivité du travail. » La prospective remise au ministère de l’Agriculture rappelle aussi les besoins de favoriser l’innovation et de soutenir l’investissement des entreprises laitières, notamment dans le cadre de France 2030.

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Lire aussi : Conférences de la souveraineté alimentaire : quelles ambitions de reconquête se fixent les filières agricoles à dix ans ?

Enfin, parmi les demandes communes aux filières d’élevage de ruminants, on retrouve le renforcement de la contractualisation, l’application d’Egalim, la sauvegarde du lait cru ou l’adaptation au changement climatique. Ces orientations seront aussi discutées en région sous l’égide des préfets. Reste à savoir si ces demandes déboucheront sur des mesures concrètes. « On fait l’exercice de prospective mais on ne sait pas encore si des moyens seront alloués », reconnaît Jacky Salingardes, le président de la Fnec.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

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