Le jugement impose à l'EARL de proposer des solutions techniques d'ici trois mois, sous peine de démolition de son bâtiment. « Mais j'avais déjà pris des précautions : atténuateur de bruit, cornadis anti-bruit, aire paillée, bardage en bois aéré, fosse enterrée sous le bâtiment... Que faire de plus ? Sinon retirer les animaux de la stabulation, ce qui signerait la fin de l'élevage », s'inquiète l'éleveur qui se fait accompagner pour trouver des aménagements possibles. Une cagnotte est organisée par des proches pour aider l'EARL à faire face aux frais d'avocat et d'éventuels aménagements techniques.
Les six riverains avaient attaqué en justice l'EARL après la construction de la stabulation, il y a dix ans. L'EARL avait pourtant obtenu une dérogation de distance. La première maison se trouve à 30 m du nouveau bâtiment. « Il y avait aussi une maison à 30 mètres de l'ancien bâtiment, mais ce n'était pas la même. Le nouveau bâtiment est juste décalé de 10 m par rapport à l'ancien », précise Vincent Verschuere. Depuis, trois riverains sont partis de la commune. Et les nouveaux habitants ne se sont jamais plaints à l'éleveur. De plus, « un expert - habituellement mandaté par la cour - est venu sur la ferme pour établir un rapport. Il n'a pas constaté de troubles anormaux de bruit et d'odeur. Le président du Roseau - association qui oeuvre pour la protection de l'environnement - a également témoigné en ce sens. » Vincent Verschuere a donc un sentiment d'injustice.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La profession s'inquiète de cette décision de justice qui peut faire jurisprudence. « Dans l'Oise, il y a beaucoup d'exploitations qui sont au coeur des villages et qui ont obtenu des dérogations de distance pour effectuer leur mise aux normes », souligne l'éleveur.