Dans le cadre du programme Cerceau 2, l’Itavi a étudié la qualité de l’eau de trois élevages en utilisant des ressources alternatives au réseau d’eau classique.
Avec l’élévation des températures, la consommation d’eau en élevage augmente alors que la tension sur la ressource s’accroît. Le recours à des alternatives aux réseaux d’alimentation classiques devient nécessaire. Qu’il s’agisse de stockage d’eau de pluie ou de forage, la gestion de la qualité des eaux ne s’improvise pas.
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Parce que l’eau est le premier aliment des volailles, « sa qualité est fondamentale pour assurer une bonne thermorégulation, digestion et assimilation des nutriments », souligne Léa Ottmann. Cette qualité suppose de respecter les préconisations. Il est donc indispensable de réaliser régulièrement des analyses sur les lignes d’eau. « Les éleveurs doivent également faire des tests en routine sur la qualité de l’eau et son pH, ou encore mesurer les niveaux de chlore ou de peroxyde quand ils sont utilisés pour traiter l’eau, afin de pouvoir adapter les traitements selon leur système », a-t-elle rappelé lors de la journée Itavi du 27 mars à Valence, dans la Drôme. La chargée de mission a présenté les résultats du suivi sur une année de trois élevages en Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) utilisant de l’eau de pluie ou de forage, dans le cadre du programme multifilière Cerceau 2.
Des ajustements permanents
Dans le premier, doté d’une poche souple de récupération d’eau de pluie et d’un traitement de l’eau par UV, les analyses montrent que la qualité bactériologique peut être impactée dès la collecte et dépend également des conditions climatiques (brassage de l’eau dans la poche, propreté du toit…). Il faut également tenir compte de la non-rémanence du traitement UV et des possibilités de recontamination. La présence de biofilm se retrouve dès le captage des eaux brutes et en bout de ligne. Il apparaît important de réaliser des purges régulières pour éviter le biofilm et sans doute d’éliminer les premières eaux notamment après de fortes pluies.
Dans le deuxième élevage qui dispose d’un forage de 100 m de profondeur, le traitement UV semble avoir permis une amélioration de la qualité bactériologique de l’eau brute. Cependant, une acidification ponctuelle de l’eau a été constatée.
Les mesures dans le troisième élevage, qui possède un forage de 45 m de profondeur et un traitement par électrolyse (un investissement global de plus de 25 000 euros voilà dix ans), montrent que l’électrolyse permet un bon traitement. Cependant il faut veiller à ce que l’eau du forage ne soit pas trop riche en métaux. De plus, les canalisations semblent s’être encrassées avec le temps, il est donc conseillé de purger le système en cours de lot.
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Ces exemples soulignent l’importance pour les éleveurs de tenir compte en permanence de la qualité des eaux brutes qui peuvent être chargées en nitrates, bactéries ou minéraux afin d’adapter les traitements et d’effectuer des purges de réseau si nécessaire, etc.
La qualité bactériologique et physico-chimique impacte les performances des volailles
La qualité bactériologique a été contrôlée en mesurant la présence de micro-organismes à 22 °C et 36 °C, c’est-à-dire à des températures qui provoquent le développement du biofilm et de bactéries : coliformes totaux et fécaux, bactéries sulfito-réductrices (BSR), Escherichia coli.
Pour ce qui est de la qualité physico-chimique de l’eau, ont été mesurées la turbidité (qui diminue l’efficacité du traitement UV) et les duretés (en fonction de la teneur en calcium et magnésium). Au-delà de 35 °C, cette dernière provoque des problèmes de digestion et rénaux. Le pH est de préférence maintenu en dessous de 6,5 pour éviter les inflammations digestives et le développement de biofilm. Autres mesures : les teneurs en nitrates et nitrites (toxiques à forte concentration) et le fer et manganèse qui diminuent notamment l’efficacité de la chloration.
Le ratio eau/aliment augmenté de 25 % en périodes chaudes
Le programme Cerceau 1 avait démontré l’enjeu de l’accès à l’eau des élevages avicoles (abreuvement, lavage, brumisation) dans un contexte de réchauffement climatique. Le suivi de onze élevages bio en Auvergne-Rhône-Alpes durant l’été 2022 a montré une consommation moyenne pour l’abreuvement de 220 ml par volaille et par jour lorsque celui-ci est stabilisé. En période estivale et de chaleur (jours à plus de 30 °C) la consommation d’eau augmente de 11 %, tandis que le rapport eau/aliment s’accroît de 25 % et le pont baisse de 6 %. Par ailleurs, la brumisation lorsqu’elle est installée peut représenter en juillet et août une consommation moyenne de 39 l/m².
Le programme Cerceau 2 vise à inventorier les ressources en eau disponibles en Aura et leur utilisation en productions animales pour limiter les prélèvements sur le réseau.