Strongles digestifs chez les ovins, caprins et bovins : Une innovation pour optimiser l'usage des anthelminthiques

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Le test Anthelmogram permet de définir un statut "sensible", "résistant" ou "risqué" pour un troupeau vis-à-vis de chaque molécule antiparasitaire. Crédits : © Réussir

Basé sur le principe de l'antibiogramme pour les antibiotiques, le test automatisé Anthelmogram est un nouvel outil d’aide à la décision pour guider le choix des traitements anthelminthiques chez les animaux d’élevage. La commercialisation de cette innovation majeure est annoncée pour 2028.

Inrae a co-développé Anthelmogram avec la société Invenesis France. C’est un outil pour tester l’efficacité des molécules antiparasitaires sur les strongles des ovins, des caprins et ceux des bovins. « Il est très efficace pour choisir le traitement le plus approprié dans un contexte de résistances aux anthelminthiques et répond ainsi à un besoin urgent des filières », présente Cédric Neveu de l’Inrae de Tours.

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Anthelmogram se réalise à partir d’un prélèvement de matières fécales sur un groupe d’animaux. « Son avantage majeur par rapport au TREF est de pouvoir tester simultanément sur un isolat de parasite la grande majorité des molécules disponibles sur le marché. On peut en tester jusqu’à dix », explique Alexandre Vernudachi d’Invenesis France. La méthode de référence, le TREF (test de réduction d’excrétion fécale) ou FECRT, ne teste qu’une molécule à la fois. De plus, avec Anthelmogram, tout se fait in vitro. Ce test ne nécessite pas comme le TREF de traiter des animaux. Anthelmogram est souple d’utilisation car il peut être fait en toutes saisons, même plusieurs fois dans l’année si nécessaire pour suivre l’évolution du statut de sensibilité ou de résistance des parasites aux différentes anthelmintiques au sein d’un troupeau. Il permet de définir un statut "sensible", "résistant" ou "risqué" pour un troupeau vis-à-vis de chaque molécule antiparasitaire.   

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La grande majorité des anthelminthiques qui sont sur le marché ont été identifiés sur leur propriété de paralysie des larves de strongles. Par rapport aux tests déjà utilisés par les laboratoires, Anthelmogram apporte une grande sensibilité (voir encadré). On peut faire le test à partir d’une concentration de 50 œufs de parasite par gramme de matière fécale. Ce test ne s'applique pas aux molécules antiparasitaires qui fonctionnent sur d’autres principes que la paralysie des vers tels que les benzimidazoles et le closantel. « Pour tester la sensibilité à ces molécules, nous proposons des tests de développement larvaire à haut débit » précise Alexandre Vernudachi.

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Une marque Anthelmogram a été déposée par l’Inrae et sa commercialisation est prévue à horizon 2028 pour les élevages ovins, caprins et bovins. « Nous sommes en train de développer un réseau avec les laboratoires d’analyse locaux pour qu’ils pratiquent la coproculture et nous expédient les larves qui seront testées sur nos installations à haut débit à Tours. Nous étudions aussi pour les éleveurs des offres groupées qui permettront des économies, par exemple à l’échelle d’une coopérative » expliquent Cédric Neveu et Alexandre Vernudachi.

La prochaine étape sera le développement du test Anthelmogram pour les chevaux, puis les volailles.

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Une sensibilité capable de détecter l'émergence de résistance 

En pratique, les œufs de strongles récupérés dans l’échantillon de matières fécales sont cultivés au laboratoire pour produire des larves (coproculture). Le test repose sur une évaluation extrêmement fine de la paralysie des larves en présence de molécules antiparasitaires.

« Il permet de détecter 5 % de vers résistants mélangés dans une population de vers sensibles. Et cela fonctionne sur des espèces de strongles en mélange à différents ratios, ce qu’on observe sur le terrain, notamment pour les trois espèces de strongles des ovins et caprins et les deux principales espèces de strongles des bovins », précise Fabrice Guégnard de l’Inrae de Tours.

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