L'appli RÉUSSIR vous accompagne désormais partout. Accédez à tous vos contenus en un clic.
Pathologie provoquée par une bactérie très résistante dans le milieu extérieur, elle peut avoir un impact clinique et économique important. Au quotidien, cela nécessite vigilance à l’introduction et sur les points d’abreuvement, confirmation lors de toute suspicion clinique et, si besoin, dépistage généralisé pour aller vers l’assainissement, voire le statut favorable.
La paratuberculose bovine est une maladie insidieuse avec des conséquences économiques importantes. 318 cheptels (15,4 % des élevages) sont en suivi sur notre département pour plus de 30 000 animaux dépistés.
La paratuberculose clinique est provoquée par le développement dans les intestins et l’organisme d’une bactérie, Mycobacterium avium paratuberculosis.
Quatre caractéristiques de cette maladie conditionnent les plans de prévention et de lutte :
| Paratuberculose : élevages en suivi en Creuse | 2024 | 2025 | 2026 |
|---|---|---|---|
| Nombre de cheptels engagés | 333 | 322 | 318 |
| % de cheptels creusois engagés | 15,2 % | 15,2 % | 15,4 % |
| Nombre de cheptels à statut favorable | 174 | 164 | 167 |
| Nombre de cheptels en acquisition de statut favorable | 10 | 11 | 20 |
| Nombre de cheptels en assainissement | 149 | 147 | 131 |
| Le nombre d’élevages creusois engagés en plan paratuberculose se maintient malgré la baisse du nombre de cheptels. | |||
Les signes d’appel sont un amaigrissement rapide des animaux pouvant évoluer vers la cachexie (amaigrissement extrême), une décoloration du poil et, le plus souvent, une diarrhée intermittente qui devient incoercible. N’hésitez pas à prendre contact avec votre vétérinaire pour réaliser un diagnostic. Il est important de coupler l’analyse sanguine avec le prélèvement de bouse. La clinique est aggravée en présence de carences alimentaires, de stress (par exemple, après le vêlage) ou de parasitisme (notamment de paramphistome). La détection peut également se faire à l’occasion d’une vente. En cas de doute, on fera une évaluation de troupeau en prélevant tous les animaux de plus de 24 mois pour analyse sérologique.
Du fait des caractéristiques de cette maladie, plus l’intervention sera précoce, moins le plan d’assainissement sera long et donc coûteux. Le plan de lutte s’appuie sur deux catégories de mesures : la détection des animaux infectés et leur réforme rapide, ainsi que leurs derniers descendants (risque de contamination par la mère et sensibilité génétique à la paratuberculose), et la maîtrise sanitaire des risques de contamination (désinfection des bâtiments, gestion des fumiers, reprise de terrains, abreuvement…). Le risque d’infection de nouveaux animaux est directement corrélé au niveau de contamination environnementale, d’où la nécessité de bien maîtriser ces éléments.
Les pertes sont directes (baisses de production, mortalité, euthanasie des malades) et indirectes (non-accès à certains débouchés commerciaux). Le bénéfice immédiat du plan d’assainissement est la détection d’animaux infectés avant qu’ils ne présentent des symptômes, ce qui permet de les réformer dans de bonnes conditions pour une bonne valorisation économique. Dès le début des signes cliniques, les animaux atteints voient leur état corporel se dégrader, ainsi que leurs performances laitières, leur fertilité et leur immunité, ce qui les fragilise vis-à-vis d’autres pathologies. Et du fait de l’interdiction d’introduire un animal malade à l’abattoir, un bovin paratuberculeux ne présente plus de valeur, sa seule destination sera l’équarrissage.
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le dépistage sérologique annuel couplé à des mesures sanitaires rigoureuses permet de maîtriser la maladie dans un élevage. 141 cheptels sont en plan d’assainissement sur le département. 10 élevages y sont entrés sur la campagne suite à identification d’un cas clinique ou pour obtenir le statut favorable. 9 élevages en sont sortis dont la moitié pour cause de cessation et l’autre moitié pour une fin d’assainissement ou des raisons financières, bien que le coût du dépistage soit largement compensé par la baisse de l’impact économique de cette pathologie sur le cheptel. 20 cheptels sont en cours d’acquisition du statut favorable intermédiaire et 10 l’ont obtenu. L’historique de dépistage accumulé dans ces élevages permet de renforcer les garanties apportées par rapport aux cheptels tout-venant, même si l’assainissement n’est pas terminé.
Dans le cadre du référentiel technique national de 2024, on ne parle plus de cheptel « sous apport de garantie » mais de cheptel « à statut favorable », ce qui signifie très peu ou pas infecté. Pour certaines races, ce statut de troupeau vis-à-vis de la paratuberculose est nécessaire pour la vente de génétique ou la filière de reproduction assistée (insémination, transfert embryonnaire). Et lors de mouvements d’animaux, la connaissance du statut du cheptel d’origine apporte une meilleure garantie qu’un résultat négatif ponctuel. 167 élevages sont sous statut favorable (au moins deux séries négatives sur tous les bovins de plus de 24 mois). La moitié sont des cheptels reproducteurs de limousines, le dépistage de la paratuberculose étant une obligation pour l’adhésion au Herd-Book Limousin (HBL). En Creuse, plus de 90 % des élevages adhérents au HBL sont sous statut favorable. Ce taux est supérieur à la moyenne nationale, preuve de la qualité du travail entrepris par les éleveurs creusois. Outre ces élevages HBL, les élevages sous statut favorable ont fait cette démarche pour commercialiser des animaux reproducteurs ou pour préparer leur cessation et transmettre un cheptel avec des garanties supplémentaires. Ceci fait suite à la sensibilisation mise en place par GDS Creuse depuis de nombreuses années.
Des cheptels ont vu leur statut suspendu au cours de l’année mais aucun ne l’a perdu à ce jour. Pour rappel, on distingue deux causes principales de contamination :
La réussite de la prévention et de la lutte contre la paratuberculose passe par un strict respect des mesures sanitaires et environnementales : précautions à l’introduction pour éviter son entrée, mise en place rapide du plan et respect des mesures préconisées en cas de présence dans l’élevage. L’investissement de GDS Creuse dans cette action est technique (outils collectifs pour la prévention et la lutte et le suivi individuel, en relation avec le vétérinaire de l’élevage, mise à disposition de vos résultats d’analyse sur WebGDS) et financier (tarif d’analyses adhérent, visites, analyses de recontrôle et prise en charge à 50 % de la désinfection réalisée par Farago Creuse). Pour plus de renseignements, contactez votre vétérinaire ou venez rencontrer GDS Creuse lors de leurs réunions éleveurs.
Aurélie Defrenaix - Dr Boris Boubet GDS Creuse - www.gdscreuse.fr
Pathologie provoquée par une bactérie très résistante dans le milieu extérieur, elle peut avoir un impact clinique et…
En cette fin d’été, les ovins peuvent avoir du mal à s’habituer aux variations de température, notamment à cause de la…
L’apparition d’avortements est source d’inquiétude et pénalise la productivité des élevages. Lors d’avortements multiples,…