Interbev demande que la viande ne soit plus une monnaie d’échange dans les accords commerciaux, citant les négociations en cours avec l’Inde et l’Australie. Si la menace indienne en viande bovine est improbable à cause de standards agricoles éloignés de ceux de l’UE, celle de l’Australie plane sur les viandes ovines et, dans une moindre mesure, bovine.
Interbev a écrit une lettre ouverte au Président de la République, Emmanuel Macron, demandant de sortir la viande du cadre des accords commerciaux que négocie l'Union européenne avec l’Inde et l’Australie.
L’Inde, très compétitive sur la viande bovine, mais des obstacles sanitaires
L’Inde structure ses exportations de viande bovine, constituées de carabeef (viande de buffle) très compétitif sur le marché mondial. Les principaux acheteurs sont le Vietnam, l’Arabie saoudite, l’Irak, les émirats arabes unis, la Jordanie, Oman, les Philippines, Hong Kong, l’Ouzbékistan, et Singapour. Le gouvernement indien travaille au développement des exportations de viande du pays et à l’ouverture de nouveaux marchés. Interbev appelle à ce que l’UE ne soit pas un de ces nouveaux débouchés arguant « les conditions de production indiennes, en matière de traçabilité, de contrôle sanitaire et de garanties d’équivalence de production, ne permettront jamais d’assurer le niveau d’exigence légitimement attendu par les consommateurs européens ».
Les produits laitiers et le sucre ont déjà été exclus de cet accord. Un sommet entre l’UE et l'Inde est prévu le 27 janvier. Bruxelles plaide notamment pour l’ouverture du marché indien à ses voitures et ses boissons alcoolisées (les vins et spiritueux sont fortement taxés) alors que, de son côté, l’Inde souhaite vendre plus facilement ses produits textiles ou ses médicaments, explique Agra.
Les discussions avec l’Australie inquiètent la filière viande
En viande ovine, il s’agit de 20 000 tonnes, là aussi à droits nuls sur sept ans, dont deux tiers de viande congelée. Les risques sont importants, notamment sur les pièces nobles, sur lesquelles l’Australie est très compétitive. C’est près de quatre fois plus que les envois actuels.