Congrès Elvea France : Renforcer le rôle et les missions du réseau

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Le congrès d'Elvea à Fontaibleau a rassemblé 120 personnes. Au premier plan, David Tourte, président d'interbev IdF et Philippe Dufour, président de Nos bovins d'IdF qui ont œuvré pour l'organisation. A droite, Stéphane Peultier, président d'Elvea. Crédits : © A.Legendre

Lors du congrès d’Elvea France, le nouveau bureau a affirmé sa volonté de renforcer le réseau et les services aux éleveurs et de remettre les liens humains au centre.

C’est avec un bureau renouvelé que s’est tenu le congrès d’Elvea France, les 23 et 24 septembre à Fontainebleau, dans un contexte de sécheresse marquée, avec des fourrages qui vont manquer cet hiver.

« L’ambiance est lourde dans les fermes, la détresse est là, palpable. L’hiver va être long, trop long peut-être pour un certain nombre d’entre nous, il va falloir faire bloc, être solidaire, a martelé Stéphane Peultier, président d’Elvea France, en conclusion du congrès. J’en appelle aux éleveurs mais aussi aux commerçants en bestiaux, si vous voyez des situations critiques dans les élevages, prévenez-nous. Nous ne voulons pas voir 200 à 300 000 vaches au tapis en fin d’hiver. Gardons aussi des oreilles attentives à l’égard des équipes des organisations de producteurs ».

Une des ambitions du bureau de l’association est d’ailleurs de remettre l’humain au centre, pour l’accompagnement des éleveurs, « renouer le lien entre le national et le terrain » et renforcer les partenariats locaux.

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 « Nous voulons également renforcer le rôle et les missions d’Elvea France, développer le sentiment d’appartenance au réseau », a expliqué Maxime Morantin, secrétaire général d’Elvea France.

Elvea France : « Soyons fiers de notre métier »

Pour cela, la nouvelle équipe entend notamment accroître les services du réseau. « Nous souhaitons mettre en place des partenariats nationaux pour répondre aux besoins des éleveurs et des organisation de producteurs », a indiqué Maxime Morantin. Parmi les thématiques envisagées : l’agrivoltaïsme, des conseils pour la méthanisation, les crédits carbone, ou encore une complémentaire santé collective. Elvea France a d’ailleurs signé un partenariat avec Total énergies le 23 septembre, pour « accompagner les éleveurs dans les projets d'agri-énergies ».

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« Nous voulons également renforcer les liens avec les acheteurs désignés, travailler sur des contrats cadre sur du long terme », a ajouté le secrétaire général.

Avec le manque de fourrages cette année, « il va falloir réaliser des bilans fourragers, recaler les rations. L'engraissement sera la variable d'ajustement, a évalué le président d'Elvea. Si l'aval veut des approvisionnements, il va falloir que les prix suivent ». 

Les élus d'Elvea se projettent aussi au delà de cette année. « Nous devons aussi nous adapter à des habitudes de consommation qui changent, a alerté Stéphane Peultier. Le repas en famille cuisiné en trois heures est en train de disparaitre. Nous ne pouvons pas tout miser sur le steak haché. La tranche de rôti de bœuf froide n’est pas engageante, trouvons d’autres moyens d’exister face au sandwich thon cochon poulet ».

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Le président d’Elvea France a également insisté sur la communication positive autour de la filière : « Nous devons être fiers de nos exploitations, de notre métier, mettre en avant les externalités positives. Nous sommes les piliers de nos campagnes, les gardiens de la souveraineté alimentaire, les façonneurs de paysages. Soyons fiers de ce que nous faisons et faisons-le savoir ».

ELVEA en Chiffres

  • 26 organisations de producteurs

  • 9000 éleveurs adhérents

  • 540 acheteurs désignés

  • 100 ETP

  • 1,2 millions d’UGB

« En dix ans, la France a perdu 1,3 million de vaches, dont 674 000 vaches allaitantes. Cela représente 16 % du cheptel », a indiqué Caroline Monniot, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage au congrès d’Elvea France. Suivant la décapitalisation, la production abattue a diminué de 14 %. Conséquence, « aujourd’hui, 25 % de la consommation française est importée, et les projections font état de 27,6 % en 2033 », a expliqué l’agroéconomiste. « En tant que consommateurs, on ne peut pas demander à nos éleveurs d’être plus vertueux, et en même temps ne pas se poser la question de l’origine », a asséné Yohann Barbe, président du conseil spécialisé ruminants de FranceAgriMer. « Les budgets sont tendus, nos clients vont vers la volaille, le porc. Ils ne peuvent plus acheter de bœuf », alerte Karl Pitel, boucher, représentant de la Confédération française de la boucherie (CFBCT). L’équilibre reste alors à trouver entre prix rémunérateur pour les éleveurs et pouvoir d’achat des consommateurs.

 


 

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