Les Vignerons indépendants plaident pour un plan d’investissement afin de protéger le vignoble face aux aléas climatiques. Et ainsi réduire les indemnisations a posteriori.
Quatre milliards d’euros sur cinq ans. C’est le montant qu’il faudrait pour protéger physiquement 70 % du vignoble français, à hauteur de 10 000 euros par hectare, face à la grêle, au gel ou la sécheresse. « Aujourd’hui l’année sans aléas climatique est l’exception. Face au dérèglement du climat, il faut protéger plutôt que repérer », estime Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants.
Un changement de paradigme qui impose une mise de départ importante, mais qui s’avérerait payante sur le long terme. « Ces trois dernières années, l’État a déboursé deux milliards d’euros en indemnités. Sans compter que 10 % de perte au vignoble se traduit par un manque à gagner de 610 millions d’euros en termes de fiscalité », argumente le vigneron. En misant sur les fonds européens du Feader (deux milliards d’euros) et sur l’appui des Régions (un milliard d’euros), cela représenterait 200 millions d’euros par an pour l’État. À titre de comparaison, les aides mises sur la table en 2025 pour l’arrachage et la distillation s’élevaient à 310 millions d’euros.
L’État doit choisir entre le soutien de la viticulture ou l'abandon de la filière
« C’est une stratégie gagnante sur tous les plans : l’État et la solidarité nationale seraient beaucoup moins sollicités pour les indemnisations, les vignerons auraient la capacité de garder leurs parts de marché grâce à des récoltes protégées et les emplois ne seraient pas menacés comme aujourd’hui », poursuit Jean-Marie Fabre. Mettant au passage l’État face à un choix historique : celui de soutenir le secteur viti-vinicole ou de le laisser décrocher, à l’instar de l’industrie il y a 50 ans...