Avec le poulet Goliath, l’Afrique veut en finir avec les importations

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Les volailles Goliath prennent de l'ampleur au Benin et dans le reste du continent africain face aux importations. Crédits : © Africa Poulets Goliath

Le poulet Goliath s’impose progressivement en Afrique mais les importations dominent sur le marché. 

Au Bénin comme dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, les importations de volailles surgelées et particulièrement de poulet sont importantes. L'entreprise Africa Poulet Goliath (APG) située à Porto-Novo veut y mettre un terme. « Nous voulons renverser l’ordre des choses et acquérir l’autosuffisance alimentaire. Nous ne voulons plus de poulet étranger, dont nous ne connaissons pas la source, ni les conditions d’élevage », explique Alkaïrou Madougou, PDG de l’entreprise lors d’une interview accordée à la rédaction.  Parmi les volailles commercialisées par l’entreprise, le poulet Goliath, aussi appelé « poulet bicyclette géant » en opposition au « poulet morgue », le poulet importé. 

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Une poule mixte, un poulet lourd 

L'entreprise commercialise vers plus de 25 pays africains des volailles à races locales et issues de l’agriculture biologique. « Le poulet Goliath est rustique et cette race très résiliente s’adapte à tout type de climat », précise le PDG. « La poule Goliath est également appréciée par rapport à son excellente ponte des œufs, en moyenne 320 par an. Ce qui fait sa différence c’est le fait qu’elle peut être utilisée comme poule reproductrice ou poules de ponte », ajoute Alkaïrou Madougou. D’autre part, « APG fournit à ses clients des souches contrairement aux firmes européennes qui n’exportent que des pondeuses. Une fois que les entreprises les envoient à la reforme, elles doivent acheter d’autres pondeuses », souligne le PDG. Ces volailles connaissent une croissance très lente. Pour le poulet Goliath par exemple, « il faut compter entre sept et huit mois pour que le poulet atteigne 9 à 12 kg », nous apprend Alkaïrou Madougou.  

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Un prix supérieur au poulet importé 

Le PDG vante « le goût naturel de ces volailles ». Bien qu’à un prix supérieur au poulet importé « le poulet Goliath [par exemple] détient 30 % des parts du marché. Les consommateurs comprennent progressivement l’importance de nos volailles locales », se réjouit Alkaïrou Madougou. Par ailleurs, l’entreprise espère que les prochaines mesures prises par le gouvernement « mettent en lumière la volaille Goliath ».  

Nigéria frontalier et poulet de contrefaçon  

Victime de son succès, le poulet Goliath est confronté à une contrefaçon en provenance du Nigéria voisin. « Le Nigéria produit des poussins et volailles et les fait passer pour Goliath auprès des acheteurs », se désole Alkaïrou Madougou. « Ces ventes ont souvent lieu sur les marchés. Les prix sont cassés. Les poussins y sont vendus à 150 Francs CFA (0,22 centimes d’euros) alors que nous vendons les notre à 1 300 Francs (1,98 centime d’euros) », souffle le PDG. La contrefaçon ne concerne que le marché béninois car à l’export « APG la seule entreprise agréée qui expédie les poussins Goliath partout en Afrique et dans le monde. Le poulet Goliath étant originaire du Bénin », relève Alkaïrou Madougou.

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