Il en va pour les chais comme pour les vignes : à la saison haute, les candidats se font de plus en plus rares. Il faut dire que la période de vinification est courte, les travaux manuels sont parfois pénibles et rébarbatifs. Sans compter que le vin fait de moins en moins rêver. Si les robots font beaucoup parler d’eux dans les vignes, l’automatisation à la cave fait moins de vagues. Il existe pourtant de nombreuses pistes pour alléger la charge de travail du vinificateur. Les solutions qui étaient réservées au matériel neuf, comme le pompage intelligent, sont maintenant adaptables à n’importe quel chai. « De même, les matériels s’automatisent de plus en plus avec l’accélération du numérique, relève Jean-Michel Desseigne, spécialiste en équipement vitivinicole à l’IFV. Les suivis de pressurages deviennent toujours plus faciles. Certains pressoirs fonctionnent seuls du remplissage jusqu’au lavage. » De même, des filtres tangentiels sont capables de filtrer et coller en toute autonomie ; des tables de tri optique permettent de faire l’impasse sur les trieurs manuels.
Trouver son équilibre entre automatisation et process industriel
Et ce n’est pas tout. Des systèmes d’injection d’air comprimé peuvent déstructurer le chapeau de marc et décuver à la seule force d’une pompe. Des automates multiplient les LSA. « Les installations de nettoyage en place peuvent également réduire le besoin en main-d’œuvre », poursuit Jean-Michel Desseigne. Bien que peu répandues, ces unités fixes ou mobiles ont fait leurs preuves pour gérer automatiquement le lavage des cuves. Mises bout à bout, toutes ces technologies permettent de réduire significativement le nombre d’opérateurs sur les différents postes.
Reste à trouver son équilibre. David Risoul, directeur des Vignerons des 4 chemins à Laudun, dans le Gard, a fait automatiser une partie du chai. « Sur cet atelier, on peut dire que l’on est passé à un process industriel, témoigne-t-il. Il faut faire attention à ce que ce soit en adéquation avec son marché. » « Personnellement, je trouve que certaines opérations peuvent être facilement automatisées sans que cela impacte le produit, estime le vigneron bordelais Julien Miailhe, qui s’est équipé pour les remontages. Mais je comprends que l’on veuille travailler autant que faire se peut à la main, c’est la sensibilité de chacun. » Cela tombe bien, il existe des solutions à tous les niveaux, du simple capteur de densité à l’automate qui gère toutes les opérations d’un bout à l’autre de la fermentation alcoolique.
Retrouvez tout notre dossier sur l'automatisation au chai ici :