L’administration Trump continue d’enquêter sur les entreprises de la viande, alors que les prix du bœuf flambent aux États-Unis. Mais pour l’USDA, c’est surtout la forte décapitalisation et l’arrêt des envois de broutards mexicains, pour raison sanitaires, qui causent la tension du marché.
« Aujourd’hui, seulement 4 entreprises, JBS, Tyson Foods, Cargill et National Beef, contrôlent 85 % du marché de la transformation du bœuf » expliquait Brooke Rollins, secrétaire à l'Agriculture des États-Unis dans la seconde administration Trump, lors d’une conférence de presse. Mettant en avant une volonté de défendre les éleveurs et leur offrir de meilleures conditions de marché, elle a rappelé que l’administration Trump enquêtait, depuis l’automne dernier, sur de possibles pratiques anticoncurrentielles.
Selon la presse américaine, l'enquête vise à déterminer si ces entreprises ont conclu des accords illégaux ayant influencé les prix payés aux producteurs alors que les prix de détail du bœuf restaient élevés. Aucune accusation n'a été portée à ce jour, et les entreprises concernées n'ont pas réagi publiquement à ces dernières informations.
Un contrôle étranger des sociétés américaines de la viande
Brooke Rollins a aussi évoqué les « intérêts étrangers » en l’occurrence brésiliens (JBS et National Beef) et avancé que la flambée des prix du bœuf pour le consommateur était liée en premier lieu à « l’attaque incessante de l’extrême gauche contre l’élevage ».
Baisse de la production bovine aux États-Unis
La production de viande bovine est attendue à 11,7 millions de tonnes en 2026 par l’USDA, en baisse de 1 %. Une baisse qui s’explique avant tout, selon les analystes américains, au manque de génisses et taurillons pour placer dans les feedlots. En effet, une partie de ces animaux provenaient traditionnellement du Mexique, mais les flux de broutards sont interrompus depuis près d’un an et demi à cause de la lucilie bouchère ou mouche à viande (New World Screwworm).
L’USDA prévoit des prix moyens des bovins à l’abattage à 241,66 $/100 kg (206,78 €), 8 % de plus qu’en 2025, en moyenne sur 2026. En plus du manque de bovins dans les feed-lots, les autres éléments haussiers sur le marché sont la bascule de la demande vers les pièces à griller pour l’été, les incendies l’an dernier et une grève de 3 semaines dans une usine JBS du Colorado en mars/avril. À noter, au 1er janvier, les États-Unis comptaient 27,6 millions de têtes de bétail, soir le plus bas niveau depuis les années 50.
Sur les deux premiers mois de l’année, les importations de viande bovine de la part des États-Unis ont dépassé de 13 % leur niveau de l’an dernier ; avec une nette progression du Mexique et de l’Australie. Le Brésil reste le premier fournisseur des USA, avec 23 % de parts de marché, c’est 3 points de moins que l’an dernier.