« Des lipides alimentaires pour plus d’œufs produits » : rentabilité augmentée jusqu’à 100 semaines avec des rations réduites en énergie
Des travaux montrent que la réduction de l’énergie et l’apport de lipides dans l’aliment induisent une meilleure persistance de ponte.
Des travaux montrent que la réduction de l’énergie et l’apport de lipides dans l’aliment induisent une meilleure persistance de ponte.
« Pour les poules brunes ou blanches, réduire l’énergie au fur et à mesure de la ponte et garder des niveaux de lipides élevés permet d’avoir une rentabilité qui continue d’augmenter en gardant des poules jusqu’à 100 semaines », annonce la chercheuse néerlandaise Lieske Van Eck pour le groupe Cargill, lors de la présentation de ses travaux lors de la journée Optiponte de Provimi.
Dans l’essai, cette adaptation de la ration a permis d’améliorer la persistance de la courbe de ponte, conduisant à une production d’œufs supérieure jusqu’à 90 semaines (80 semaines observées en élevage puis extrapolation par modélisation). Il est montré que l’énergie et surtout les lipides ont un impact sur le nombre total d’œufs. Ces derniers agissent sur l’ovulation, le métabolisme du foie et la composition corporelle. Ainsi, l’état d’engraissement de la poule modifie les signaux hormonaux contrôlant le foie, organe pilier de l’ovulation. Son bon fonctionnement est primordial. Au final, la poule ne doit être ni trop maigre, ni trop grasse et garder un foie en bon état pour assurer une bonne ovulation.
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Garder ou non les poules
La chercheuse a aussi analysé la rentabilité annuelle par poule selon la durée de ponte et le niveau d’énergie des rations (standard, constant ou bas). Les chiffres sont issus des prix du marché néerlandais en 2025. Avec une ration réduite en énergie, le nombre d’œufs est en hausse à 80 semaines et le bénéfice atteint un maximum à 100 semaines. « Une réduction de l’apport énergétique entraîne une forte augmentation de la consommation d’aliments. Le nombre d’œufs augmente également, et il est alors avantageux de prolonger la période de ponte », conclut Lieske Van Eck.
Conserver un foie en bon état
Le foie « usine et centre logistique » assemble les lipoprotéines qui servent à la croissance des follicules présents dans les ovaires. Si des hormones bien connues contrôlent l’opération (œstrogènes, insuline, corticostéroïdes…), un autre type d’hormone agit aussi, les adipokines produites par les réserves corporelles de graisse. Parmi elles, la kémérine augmente quand la quantité de graisse corporelle diminue, entraînant des problèmes de fertilité, de baisse de poids d’œufs, un risque de stéatose hépatique (engorgement du foie en triglycérides) et un impact sur la consommation. Les travaux montrent qu’il faut réadapter les stratégies alimentaires pour avoir plus de persistance.
À retenir
- Les 12 premières semaines conditionnent la ponte à long terme
- La forme de la courbe de ponte compte plus que le pic
- L’énergie et surtout les lipides alimentaires ont un impact sur le nombre total d’œufs
- Mesurer le gras abdominal apporte un indicateur indépendant du poids (outil de mesure Reveal).
- Apporter un antioxydant contre le vieillissement prématuré des cellules
- Ajouter un hépato-protecteur en cure afin de soutenir le foie et limiter l’excès de graisse hépatique.