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Volaille : les bonnes questions à se poser avant de lancer un atelier de diversification

L’atelier volaille peut constituer une diversification intéressante en grandes cultures mais au vu des montants d’investissement le projet doit être mûrement réfléchi. Le temps de travail est notamment un aspect à ne pas négliger.

<em class="placeholder">Bâtiment de volailles label rouge sur l’exploitation de Corentin Chateignier à Guillonville, en Eure-et-Loir.</em>
L'atelier volaille nécessite une présence quotidienne deux à trois heures par jour dans les bâtiments.
© V. Charpenet

Certains producteurs de grandes cultures en recherche de diversification se tournent vers l’élevage de volaille. Cette nouvelle activité nécessite des investissements importants et constitue un changement majeur dans les habitudes de travail d’un céréalier. Il convient de bien réfléchir avant de se lancer car un tel projet engage sur plusieurs années.

« Il faut avoir la fibre élevage, confirme Julien Ducros, responsable de l’organisation de producteurs Huttepain Sud-Est (Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes). Avant de valider le projet d’un agriculteur, en plus de s’assurer de la solidité de son projet sur le plan financier, on sonde sa motivation. » L’atelier volaille implique d’acquérir de nouvelles compétences et il ne faut pas négliger le temps à y consacrer pour garantir des résultats techniques satisfaisants.

Combien de temps de travail nécessite l'élevage de volailles ?

« La volaille est un atelier d’élevage avec les contraintes associées à cette activité, notamment la nécessité d’être présent dans les bâtiments 2 à 3 heures par jour en cours de lot, y compris le week-end », prévient Sébastien Lebreton, céréalier beauceron (Favières, Eure-et-Loir) et éleveur depuis 2012. D’autant que des pics d’activité sont à prévoir après le départ de chaque lot (environ 3 lots par an) avec le nettoyage et la désinfection complète de chaque bâtiment. « On peut s’organiser pour ne pas avoir de lot lors des semis par exemple, mais il y aura toujours un moment où ça va se télescoper avec l’activité de grandes cultures, explique-t-il. En cas de problème, c’est toujours l’élevage qui sera prioritaire. »

Pour quels types d’exploitations céréalières un atelier volailles est-il intéressant ?

Sébastien Lebreton souligne aussi la lourdeur de certaines tâches administratives spécifiques à l’élevage de volaille ainsi que des contrôles plus réguliers qu’en grandes cultures sur le volet sanitaire. « Étant donné le temps de travail et les contraintes, un atelier volaille sera surtout intéressant pour les exploitations purement céréalières, sans cultures industrielles, sans possibilité de s’agrandir ou avec des possibilités d’irrigation limitées », estime-t-il. Cela peut notamment constituer un atelier de diversification intéressant dans le cadre d’une installation. C’est aussi un moyen d’embaucher un salarié à plein temps.

Quelles sont les garanties de l’atelier volaille en termes de revenus ?

Côté atout, grâce à la contractualisation, l’élevage de volaille présente l’intérêt d’apporter un revenu stable face à la grande volatilité des revenus céréaliers. Les organisations de producteurs Nouri’Vrai (Centre-Val de Loire et Normandie) et Huttepain Sud-Est proposent par exemple des contrats trois points pour sécuriser les revenus. « Nous faisons tampon en cas de fluctuation du prix de l’aliment », assure Aurélie Préhu, de Nouri’Vrai. Les OP assurent également un suivi technico-économique ainsi que la fourniture de l’aliment. Il convient donc de bien choisir le partenaire avec lequel on s’engage.

Autre point positif à avoir en tête en tant que producteur de grandes cultures : l’apport de matière organique pour les sols grâce au fumier. « C’est un aspect qui n’est pas décisif mais ce n’est pas négligeable », estime Julien Ducros. Quoi qu’il en soit, si on a décidé de se lancer, il faudra s’armer de patience : comptez entre 1,5 et 2 ans de démarches pour monter le projet et voir les bâtiments sortir de terre.

Le groupe LDC cherche des nouveaux producteurs

Pour répondre à la demande française en viande de volaille, le groupe LDC cherche des nouveaux bâtiments. Les organisations de producteurs (OP) Nouri’Vrai (Centre-Val de Loire et Normandie) et Huttepain Sud-Est (Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes) fournissent notamment l’industriel et ambitionnent respectivement d’agrandir leurs surfaces de production de 220 000 m2 et 50 000 m2, principalement en volaille standard. « La production de volaille française a reculé de 16 % en trente ans, tandis que la consommation a progressé de 61 % », souligne Aurélie Préhu de Nouri’Vrai. Ce sont les importations qui compensent actuellement le différentiel. Les besoins du groupe LDC s’inscrivent dans un plan de développement qui prévoit des investissements dans ses outils de production (150 millions d’euros d’ici 2027).

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