Sécheresse en Bretagne : la production légumière lourdement touchée
La sécheresse qui touche la Bretagne est d’une intensité inédite, affectant fortement la production légumière. Les pertes de rendement atteignent déjà 15 à 100 % selon les cultures et les parcelles. D’une durée exceptionnelle, cet épisode menace également la saison prochaine. Les maraîchers se mobilisent pour sensibiliser pouvoirs publics, partenaires et consommateurs à leur situation.
La sécheresse qui touche la Bretagne est d’une intensité inédite, affectant fortement la production légumière. Les pertes de rendement atteignent déjà 15 à 100 % selon les cultures et les parcelles. D’une durée exceptionnelle, cet épisode menace également la saison prochaine. Les maraîchers se mobilisent pour sensibiliser pouvoirs publics, partenaires et consommateurs à leur situation.
En Bretagne, « nous avons connu des étés avec maximum un mois et demi sans pluie. Là nous n’avons pas vu une goutte depuis fin mai, c’est tout à fait inédit. La sécheresse est en plus aggravée par la canicule et le vent qui dessèche les parcelles », s’inquiète Marc Kerangueven, président de l’association d’organisations de producteurs (AOP) Cerafel - Prince de Bretagne. Selon la DREAL Bretagne, les précipitations sont déficitaires dans la région depuis le 10 juin, déficit atteignant 50 % en juillet. Si toute la production légumière française est touchée par la sécheresse, la Bretagne est particulièrement impactée, peu de parcelles étant irriguées : 15 % pour les producteurs Cerafel, 20 % des parcelles à l'échelle de la région. Si le nombre de parcelles équipées de systèmes d’irrigation est plus important en légumes d’industrie, l’irrigation repose principalement sur des retenues collinaires alimentées par le ruissellement hivernal. Ces réserves ne suffisent toutefois pas à couvrir les besoins en eau des cultures sur toute la période estivale sans précipitations.
Des conséquences pour toutes les productions
Interviewé par nos confrères de France Inter, Marc Kerangueven alarme sur la situation des producteurs de l’AOP. « Nous avons perdu près de 22 % du potentiel de production annuel de notre structure en seulement deux mois », annonce-t-il. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités selon les cultures et les parcelles. Parmi les cultures plus touchées figurent l’artichaut, mais également le brocoli, la mini-carotte, le panais et la salade, avec 90 à 100 % de pertes de rendement enregistrées depuis plusieurs semaines sur les parcelles non irriguées. Également fortement atteints par la sécheresse, le chou-fleur (20 % de pertes) et le coco de Paimpol (50 %). Le manque d’eau impacte aussi la saison prochaine. Les emblavements des cultures d’automne sont retardés et les pépinières enregistrent des retards de production.
Côté légumes d’industrie, la situation est tout aussi catastrophique. La chambre d’agriculture de Bretagne indique que seulement 40 % des prévisions de rendement ont été atteintes en pois, des rendements similaires sont attendus pour les récoltes de haricots. Pour ces deux cultures, un grand nombre de parcelles n’ont pas été menées à leur terme, faute de réserves d’eau suffisantes. En effet, l’irrigation a débuté bien plus tôt que les années précédentes en raison de la première canicule de juin.
Un appel à la mobilisation
Marc Kerangueven alerte, l’État doit venir en aide aux producteurs les plus touchés pour relancer les cultures qui peuvent être sauvées, au risque d’en voir un nombre important baisser les bras et mettre la clé sous la porte si rien n’est mis en place.
Il en appelle également à la mobilisation des consommateurs. « Il y aura sans doute moins de volumes de fruits et légumes français dans les supermarchés. Il y aura des fruits plus petits, avec des défauts qui ne sont pas là habituellement mais qui ne vont gâcher en rien la qualité gustative du produit », prévient le président du Cerafel. Il espère un élan de solidarité similaire à celui observé la saison précédente lors de la crise conjoncturelle en chou-fleur. Pour l’instant, la baisse des volumes attendue n’est pas mesurable selon Marc Kerangueven : « nous y verrons plus clair une fois le retour des pluies ».