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Quatre pistes alimentaires pour booster la croissance des porcs charcutiers en engraissement

L’Ifip a précisément mesuré l’impact des stratégies alimentaire qui peuvent être mises en place en élevage pour améliorer la croissance des porcs charcutiers.

<em class="placeholder">Augmenter le plafond de rationnement de 2,4 à 2,7 kg/j et par porc améliore le GMQ en phase de finition de 100 g/j chez les femelles et de 75 g/j chez les mâles castrés.</em>
Augmenter le plafond de rationnement de 2,4 à 2,7 kg/j et par porc améliore le GMQ en phase de finition de 100 g/j chez les femelles et de 75 g/j chez les mâles castrés.
© Ifip

1-Libérer la courbe de distribution

Selon des essais réalisés à la station Ifip de Romillé (Ille-et-Vilaine), augmenter le plafond de rationnement de 2,4 à 2,7 kilogrammes par jour et par porc (+ 12 %) améliore le GMQ en phase de finition de 100 grammes par jour chez les femelles et de 75 grammes chez les mâles castrés, sans incidence sur l’indice de consommation (IC).

Libéraliser l’apport d’aliment sur tout l’engraissement permet également d’augmenter leur GMQ (non sexés, + 20 % d’aliment = + 170 g/j) sans différence d’IC.

Chez les mâles entiers, en libéralisant de 5 % le plan d’alimentation sur tout l’engraissement en machine à soupe, le GMQ augmente de 50 grammes par jour, sans incidence sur l’IC. En alimentation à sec, la libéralisation améliore également leur GMQ (+ 10 % d’aliment = + 130 g/j), cette fois avec une amélioration de l’IC.

2-Concentrer l’aliment en phase de croissance

En alimentation à volonté, il est possible de contourner partiellement le frein que constitue l’ingéré limité de début de croissance en concentrant l’aliment en énergie. En effet, les porcs n’ajustent pas leur consommation spontanée pendant les premières semaines d’engraissement. Un aliment plus riche leur permet alors d’ingérer plus d’énergie. En augmentant l’énergie nette de 9,4 à 10 MJ par kilogramme, il est possible de gagner entre 40 et 75 g de GMQ pendant la phase de croissance chez les mâles entiers.

3-Tenir compte de la dynamique de dépôts de muscle

Le GMQ reflète principalement la dynamique de dépôt de muscle. Certains croisements de porcs ont une croissance précoce : elle démarre très rapidement dès le début de l’engraissement, puis ralentit. C’est le cas des issus de verrats Piétrain. D’autres ont une croissance plus tardive : l’engraissement démarre doucement, mais le gain de poids reste à un niveau élevé beaucoup plus longtemps. C’est le cas des issus de verrat Duroc par exemple. Ces différences de dynamique sont associées à des besoins qui évoluent différemment. Il faut en tenir compte pour ne pas freiner le GMQ à cause d’une carence en acides aminés. Ainsi les porcs précoces ont besoin d’aliments plus concentrés en début d’engraissement (aliment croissance ou nourrain) que les porcs tardifs, alors que c’est l’inverse en finition. La diversité des situations peut être consultée à partir des profils de croissance et de besoins associés mis en ligne chaque année sur le site de l’Ifip à partir des données issues de la station de phénotypage FGPorc au Rheu (Ille et Vilaine).

4-Eviter les carences en acides aminés

Quand une carence est constatée, le changement d’aliment vers une meilleure couverture des besoins permet de gagner en GMQ (ainsi qu’en IC et en TMP). Ainsi, il est possible de gagner 30 à 40 grammes de GMQ (et abaisser l’IC de 0,1) en corrigeant une carence en acides aminés constatée avec des aliments formulés à 0,1-0,15 gramme de lysine digestible par mégajoule d’énergie nette en dessous du besoin.

Nathalie Quiniou, nathalie.quiniou@ifip.asso.fr

"En FAF, booster le GMQ dès le début d’engraissement"

Florence Maupertuis, Chambre d’agriculture des Pays de la Loire

RPO338_DOSS_TECHPORC_ALIM_AVIS.jpg

En FAF, les aliments engraissement contiennent une grande quantité de céréales. Ils sont donc riches en énergie, ce qui suppose d’adapter les apports de lysine digestible en conséquence. Pour favoriser la croissance musculaire, il faut respecter les recommandations pour le ratio lysine digestible sur énergie nette (Lys dig/EN) dès le début d’engraissement. Plusieurs options sont possibles en fonction de la configuration de l’élevage :

 

 

 

 

Distribuer l’aliment 2e âge jusqu’à 30-35 kg de poids vif puis poursuivre avec un aliment croissance classique (ratio Lys dig/EN = 0,90).

Distribuer un aliment nourrain de 20 à 40 kg de poids vif puis poursuivre avec un aliment croissance classique (ratio Lys dig/EN = 0,90).

Distribuer un aliment croissance dès 25 kg de poids vif et dans ce cas revoir à la hausse l’apport en lysine dans l’aliment (ratio Lys dig/EN = 0,95).

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