En baisse continue depuis 2021, les fabrications mensuelles d’aliments composés bio enregistrent une érosion moins marquée depuis janvier 2026. Les problèmes de disponibilité en fourrages pourraient accélérer le mouvement, voire inverser la tendance.
Depuis le début de l’année 2026, le recul de la production d’aliments composés bio en France tend à s’atténuer. Si en janvier 2026, les fabrications étaient en retrait de 7 % par rapport au même mois l’an dernier, le pourcentage n’est plus que de -2,8 % en juillet 2026, avec un plus bas en juin 2026 (-1,6 %). Le manque de fourrage cette année pourrait stimuler les fabrications d’aliments composés à destination des ruminants sur le deuxième semestre de l’année.
Répartition de la production d'aliments composés bio en 2025
Vers une potentielle hausse de la production d’aliments composés bio en 2026
La sécheresse exceptionnelle de l’été 2026, couplée à des épisodes de canicules prolongés, impacte la disponibilité en fourrages pour les élevages de ruminants.
Au 20 septembre 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 40 % à celle observée à cette date durant la période de référence 1989-2018, selon Agreste. « Malgré quelques pluies fin août, la sécheresse des sols atteint un niveau exceptionnel et empêche toute reprise de pousse. Le déficit s’accentue dans quasiment toutes les régions », précise l’agence gouvernementale.
Résultat : les éleveurs donnent du foin à leurs bêtes depuis juillet, entamant dangereusement leurs stocks pour l’hiver. Certains sont à la recherche de paille pour complémenter le foin dont les disponibilités sont limitées. Mais si les averses se font encore attendre et que la situation s’aggrave, ils n’auront d’autre choix que de donner à leurs animaux de la paille, supplémentée avec des aliments composés.
Une tendance baissière depuis 2021 qui s’estompe
La situation de pénurie de fourrages va peut-être mettre fin à quatre ans d’érosion plus ou moins marquée des fabrications d’aliments pour animaux bio, qui représentent 2,9 % du volume de la production française. Alors que le volume d’aliments composés bio a progressé jusqu’en 2020 suivant l’expansion du secteur de l’élevage bio, la pandémie de covid-19 et la crise économique qui s’est ensuivi ont donné un coup d’arrêt à l’essor de la consommation bio en France, notament de viande, et par ricochet mis à mal le secteur de la nutrition animale bio. À cela, il faut ajouter les différentes épizooties qui ont sévi dans l’Hexagone ces dernières années, avec pour conséquence une réduction des cheptels. Dans ce contexte, les fabrications d’aliments composés ont reculé de façon drastique en 2022 et 2023, avant d’enregistrer des baisses plus modérées à partir de 2024 avec l’atténuation progressive de la pression sanitaire.
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(Insérer graphique évolution de la production d’aliments composés bio de 2013 à 2025)
« Ces évolutions contrastées traduisent une situation encore fragile pour la filière biologique, dans un contexte marqué par des coûts de production élevés et une consommation biologique qui peine à retrouver une dynamique durable », analyse le Snia (Syndicat national des industriels de la nutrition animale).
Des aliments composés bio dominés par le secteur de la volaille
En 2025, la production d’aliments composés bio en France s’élevait à 558 509 t (-1,8 % par rapport à 2024), contre 309 400 t dix ans plus tôt et un pic à 740 100 t en 2021.
Répartition de la production d'aliments composés bio en 2025
Volume
en tonnes
Pondeuses
338 609
Poulet
78 131
Bovins
65 332
Porcins
53 167
Total général
558 509
Source : SSP, Snia et LCA NA
Les aliments composés bio pour volailles demeurent largement majoritaires dans les volumes produits. Les aliments composés destinés aux pondeuses, en recul de 4,5 % entre 2024 et 2025, restent la principale production (61 % du volume total), « malgré les conséquences encore perceptibles des épisodes d’influenza aviaire hautement pathogène », explique le Snia. La production d’aliments pour poulets (14 % du total) progresse (+ 1,3 %) dans le même temps.
La production d’aliments biologiques destinés aux bovins (12 % du total) enregistre une progression de 5,5 % et celle destinée aux porcins (9 % du total) de 6,1 %.