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Vins corses : le plan de relance a porté ses fruits

Les investissements consentis en faveur de la commercialisation ont permis de redorer l’image des vins corses. Leur valorisation s'est remarquablement maintenue.

Le plan de relance des vins de Corse a permis de développer la notoriété des vins de l’île et de fournir aux opérateurs des aides à la commercialisation, ne serait-ce que pour compenser le coût prohibitif de la traversée des bouteilles vers le continent. Cette semaine, les responsables de l’interprofession des vins de Corse (CIV) ont dressé un bilan positif du plan lancé sur trois ans (2006 à 2008) et qui aura mobilisé au total près de 9 millions d’euros : 6 millions de la collectivité territoriale et 3 millions rassemblés par les vignerons, négociants et distributeurs. « Ces aides ont été affectées pour l’essentiel à la commercialisation du vin, pas à la vigne,a précisé le directeur du CIV, Bernard Sonnet. Elles ont permis de financer des campagnes de publicité dans les médias, d’embaucher des directeurs commerciaux, export ou marketing, d’aider les entreprises au référencement, à l’animation des ventes et à la participation aux salons internationaux ». L’objectif de la filière n’est pas de produire plus mais de mieux vendre. « La restructuration du vignoble est déjà faite depuis longtemps », a expliqué le président de l’interprofession, Jean-Marc Venturi. Il est loin le temps où les producteurs rapatriés d’Algérie plantaient à grande vitesse une vigne dont le fruit se vendait à vil prix ou pas du tout ». En 30 ans, le vignoble est passé de 30 000 hectares à moins de 700. « Il reste environ 450 vignerons, tous très professionnels. Ils sont à la tête de domaines replantés et bien entretenus », renchérit Jean-Marc Venturi.

Le premier produit exporté hors de Corse

La qualité s’en est ressentie. Près d’un tiers du vignoble (31 %) est désormais en AOC (9 appellations), 59 % en vins de pays, et moins de 10 % seulement en vins de table. L’intérêt des consommateurs est en hausse. « Il y a quinze ans, on produisait 400 000 hectolitres mais on ne pouvait en vendre que 300 000. Aujourd’hui on produit toujours 400 000 hl, mais on pourrait en vendre 500 000 hl », résume le président du CIV.

Le plan de relance a également permis au vignoble corse de se développer sur de nouveaux marchés. « Nous avons pu accéder ainsi au marché britannique avec un produit dédié, la Réserve Terra Vecchia en bicépages », a témoigné un responsable de Skalli, implanté de longue date sur l’île. 300 000 bouteilles ont été vendues par la propriétaire-négociant au Royaume-Uni. La filière insulaire espère bien doper son chiffre d’affaires, de l’ordre de 20 % dans les cinq prochaines années, grâce à une montée en gamme par le développement des AOC, par la progression du rosé à forte demande (55 % des ventes aujourd’hui) et par l’amélioration de la commercialisation hors de l’île - les ventes en Corse représentent encore près de 70 % des ventes des AOC. Pour y parvenir, l’interprofession des vins corses envisage de solliciter un renouvellement pour trois ans du « plan de relance » de la filière. Il y a va aussi du sort de l’économie régionale toute entière. Le vin est le premier produit corse « exporté » en volume et en valeur.

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