Le débat sur l’Europe agite le salon de l’agriculture
Tandis que le salon de l’Agriculture fait la part belle aux “nouveaux entrants” dans l’UE, les débats battent leur plein dans les allées sur l’apport de l’Europe à l’agriculture française. Jacques Chirac a placé cette question au cœur de sa visite, samedi, Porte de Versailles. Le président de la République a appelé les agriculteurs à voter “oui” au référendum sur la Constitution européenne et à se “mobiliser” en faveur de l’Europe. Et exprimé son point de vue de manière directe à un manifestant qui l’interpellait en brandissant un tract pour le “non” et en dénonçant l’Europe libérale. « Si vous voulez vous tirer une balle dans le pied, faites-le, mais après ne protestez pas, c’est une connerie, je vous le dis», a-t-il répondu du tac au tac. « Sans l’Europe demain, nous n’avons aucune chance de conserver notre rang et de maintenir nos intérêts», a-t-il argumenté.
Le ministre de l’Agriculture s’est mis au diapason, en déclarant dimanche qu’un “non” français « serait une catastrophe car certains pays remettraient en cause la PAC» a-t-il dit au Grand Jury RTL-LCI-Le Monde. Le spectre d’un démantèlement de la Pac est également un des arguments employés par Jean-Michel Lemétayer pour justifier sa préférence pour le “oui”. « L’enjeu du référendum sur la Constitution européenne est d’éviter de prêter le flanc à ceux qui veulent démolir la Politique agricole commune», a-t-il estimé. Ce point de vue est largement représenté au sein de la FNSEA, même si certains expriment certaines réticences. Et si d’autres, comme Dominique Chardon – qui a confirmé son départ du poste de secrétaire général –, ne cachent pas leur inquiétude à l’idée de l’adhésion de la Turquie « qui serait destructeur pour des pans entiers de nos économies et de nos territoires, à commencer par les productions dites “méditerranéennes”».
Les militants du “non” à la Constitution sont en revanche majoritaires au sein des autres syndicats agricoles. L’ex-leader de la Confédération paysanne José Bové indique qu’il fera campagne pour le “non”au référendum sur la Constitution européenne, en dénonçant un “hold-up démocratique”, dans une interview au Journal du dimanche.