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« La campagne est l’objet de toutes les convoitises »

Alors que le prix des terres agricoles a stagné en 2003, les terres vendues pour des infrastructures ont vu leur prix bondir de 30% en valeur pour atteindre en moyenne 51900 euros/ha. 

Vu sous l’angle financier, mieux vaut être propriétaire de quelques arpents de vigne dans la Côte des blancs, en Champagne, que d’une montagne à chèvres dans l’Aude.

À 435 400 euros l’hectare en moyenne, la Champagne détient le record absolu du prix des terres agricoles en France. Ce n’est pas nouveau, mais c’est impressionnant, d’autant que le prix de ce vignoble continuait en 2003 sa progression exponentielle entreprise il y a 10 ans, époque où il ne coûtait « que » 185 100 euros.

Ce chiffre ressort de l’étude annuelle réalisée par la Fédération des Safer (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) et dont les résultats font dire à l’organisme que « la campagne est l’objet de toutes les convoitises », constatant que le marché du foncier pour un usage agricole « se dissocie de plus en plus du foncier rural réorienté vers des usages collectifs ou de loisir ». Le foncier agricole voit son prix augmenter de 1 % en euros courants, c’est-à-dire, en fait stagner tandis que les terres vendues pour des infrastructures (autoroutes, TGV, terrains à bâtir…) augmentent en surface (+5,1 % entre 2002 et 2003) mais surtout en valeur (+30 %). Ainsi le prix moyen d’un hectare de ces terres dites à « artificialiser » est passé de 43 900 euros en 2002 à 51 900 euros en 2003. Pour les seuls terrains à bâtir la moyenne est de 76 000 euros/ha, une augmentation de 24% au cours des 12 derniers mois. Seul le vignoble AOC est la terre agricole à prétendre rivaliser avec ces terrains, les prix des « terres et prés » affichant une moyenne nationale de 4 490 euros à l’hectare, pratiquement au même niveau qu’en 2002.

Un retournement de tendance ?

Ce qui n’est pas le cas de l’autre segment du marché du foncier rural, celui de l’espace résidentiel et de loisir, dont les maisons de campagne. Si ce secteur n’a représenté que 9 % des surfaces notifiées du marché de l’espace rural l’an dernier, il en a constitué 51 % en valeur, pour 6 milliards d’euros. À comparer aux 3,5 milliards d’euros des transactions effectuées pour les terres strictement agricoles.

Selon la FNSAFER, 2003 est une année pleine d’incertitude quant à l’évolution possible du marché des terres agricoles et elle s’interroge : « la stagnation observée est-elle le début d’un retournement de tendance mettant fin à la hausse des dernières années, ou bien simplement une pause ? » La réforme de la PAC avec la baisse des soutiens et la baisse du revenu à l’hectare fait pencher pour la première hypothèse, mais la diminution des taux d’intérêt ou les normes agro-environnementales pour diminuer les chargements d’animaux à l’hectare sont des facteurs d’incitation à l’achat de terres par les agriculteurs, donc de hausse potentielle des prix.

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