Aller au contenu principal

Häagen-Dazs agrandit son site de production près d'Arras

L'entreprise du groupe General Mills a finalisé en février dernier un investissement de 19 millions d'euros. La nouvelle ligne est entièrement automatisée et destinée, pour moitié, à la gamme Triple sensations. Reportage.

Sur le site Häagen-Dazs (General Mills) de Tilloy-lès-Mofflaines (62) près d'Arras, un nouveau bâtiment est sorti de terre l'an dernier. 3 500 m2 , portant la surface totale du site à 25 000 m2 . Ce dernier investissement de 19 millions d'euros a été consacré à la création d'une nouvelle ligne dédiée à «Triple sensations ». Une glace incrustée de morceaux de spéculos ou praline et surmontée d'une couche de caramel, vendue en mini pots. «Ça paraît tout simple… mais ce n'est pas le cas! D'un point de vue technologique, c'est une avancée majeure», explique François-Xavier Bréhon, directeur de l'usine. Pour y arriver, les équipes de recherche et développement ont travaillé sur les températures et les textures des produits. Le but? Que le caramel et la glace restent bien dissociés, tout au long de la conservation. «La ligne est entièrement automatisée. Le niveau de compétence pour obtenir de tels résultats est très fin», souligne-t-il. L'investissement comprend aussi un nouveau système de pasteurisation et doit permettre «d'accompagner la croissance de la marque à l'international, en augmentant la capacité de production». Ces dernières années, la croissance de production affichée par le site était de l'ordre de 7 % par an. «Nous avons investi, mais nous réfléchissons également à élargir les plages de production du site», relate le directeur. Quant au nouveau bâtiment, la nouvelle ligne n'occupe que la moitié de la surface. «Le reste est dédié à nos prochaines innovations », explique le patron, qui, s'il avoue « avoir un plan de développement » sous la main, reste peu loquace sur le sujet.

L'agrandissement a été décidé il y a deux ans. Il aura fallu un an pour construire la ligne. «C'est un succès! Depuis le lancement elle tourne 6 jours sur 7. Nous voudrions l'arrêter pour effectuer quelques réglages, mais pour le moment c'est compliqué», admet François-Xavier Bréhon. Pour accélérer la conception de la ligne, le projet s'est conduit en «vertical start-up», c'est-à-dire en impliquant «très tôt dans le processus les ingénieurs du site et la production, en leur dégageant du temps sur ce projet. Une fois la ligne construite nous avons ainsi pu lancer très vite la production».

LE GLACIER SATISFAIT DU RÈGLEMENT INCO

Le règlement européen sur l'information du consommateur (InCo) qui s'appliquera à la fin de l'année satisfait la filiale de General Mills. La caractéristique des glaces du fabricant est un taux de foisonnement très bas. « Nos pots de 500 ml pèsent 430 grammes quand chez certains de nos concurrents, les pots de 440 ml pèsent 247 grammes », explique Céline Herodin-Flynn. Le règlement européen prévoit maintenant que les aliments solides affichent leurs prix au kilogramme et non plus au litre. « Le fait que les glaces soient étiquetées en volume est une aberration. Les consommateurs pourront réellement comparer ». Quant à un éventuel affichage nutritionnel sous forme de feux tricolores, la marque est contre. « Nous assumons totalement notre positionnement plaisir, mais nous sommes contre la stigmatisation », note-t-elle.

7 à 8 millions d'euros investis chaque année

L'usine d'Arras est unique. À l'exception de l'Amérique du Nord (où la marque Häagen-Dazs est commercialisée sous licence par Nestlé) et du Japon, elle produit la totalité des glaces Häagen-Dazs vendues dans le monde. Résultat: General Mills en prend soin. 7 à 8millions d'euros d'investissement sont réalisés chaque année sur le site afin d'optimiser les gains de performances mais aussi la sécurité. «Nous avons bien entendu analysé le risque, celui d'avoir un site unique», confie François-Xavier Bréhon. Résultat, la sécurité a été renforcée: gicleurs contre les incendies, mais aussi bâtiments aux normes antisismiques dans une zone pourtant peu exposée. Selon nos estimations, plus de 40millions de litres de glaces quittent Arras chaque année.

“ Nous avons analysé le risque : celui d'avoir un site unique "

Pour l'approvisionnement en lait, l'entreprise se fournit auprès de sa voisine Ingredia (groupe coopératif la Prospérité Fermière). 450 fermes de la région procurent au glacier lait écrémé et crème. « Le lait de la région est très peu variable tout au long de l'année. C'est une caractéristique intéressante, car nous fabriquons des glaces qui doivent avoir un goût et une couleur stables, sans arômes artificiels ou colorants », explique François-Xavier Bréhon. ” Au sujet des dernières relations commerciales, la marque a réussi à passer des hausses « légères ». « Nous avons du mal à faire passer l'augmentation du prix du lait, souligne Céline Herodin-Flynn, chef de groupe Häagen-Dazs France. Il a fallu rappeler à nos acheteurs que nous aussi nous fabriquions des produits à base de lait… Il n'y a pas que les yaourts et les fromages. » Avec cette crème et ce lait français, l'entreprise a obtenu en 2012 le label Origine France Garantie.

L'entreprise communique à ce sujet auprès des consommateurs français, mais pas sur les packagings. «Ce sont les mêmes pour tous nos marchés. Nous exportons 80% de notre production vers l'Asie, le Moyen-Orient… Cela n'intéresse pas tous nos clients», justifie Francois-Xavier Bréhon.

Numéro 3 français des crèmes glacés

Häagen-Dazs est numéro 3 en France des crèmes glacées. La marque écoule chaque année 10 millions de grands pots (500 ml) et 30 millions de mini cups (100 ml). En France, la marque est en croissance. « Nous avons consolidé cette année notre place de numéro 3 », indique Céline Herodin-Flynn. Et ce, malgré un printemps 2013 difficile pour une marque qui réalise 70 % de son chiffre d'affaires d'avril à septembre ; et l'arrivée en rayon de concurrents sur le segment des glaces gourmandes en pot : Carte d'or et ses pots « signatures », La Laitière, Magnum… « Il y a eu la saison dernière de nouveaux entrants, mais la GMS a observé sur ces nouveaux produits des taux de réachats très bas, note-t-elle. La bonne nouvelle, c'est qu'après une première année, ils n'élargissent pas tous leurs expérimentations sur nos segments. Nous gardons 76 % du marché sur les grands pots. Sur les mini pots où il y a plus d'acteurs, plus de marques, nous sommes leaders avec 39 % des ventes. »

Les plus lus

vaches dans un prè
La baisse de la collecte de lait en Europe change l’ambiance du marché des produits laitiers

Après plusieurs trimestres de dynamique laitière, la Rabobank s’attend à un revirement de la collecte laitière mondiale…

carcasse en abattoir
Viande : vent nouveau pour les abattoirs prestataires ?

Les petits outils d’abattage multi-espèces en prestation de services ont retrouvé de la stabilité après des années difficiles,…

quartiers de viande au frigo
Viande bovine : pourquoi la France a creusé son déficit commercial au premier semestre 2026

Les exportations françaises de viande bovine ont baissé de 13 % au premier semestre, reflet du manque d’animaux. Une baisse…

poulets en élevage
Poulet : Pourquoi le Label Bien-être animal de LDC fait polémique

Le Label « Bien-être animal, filière agricole engagée » lancé la semaine dernière par plusieurs acteurs de la filière volaille…

brebis dans une bergerie
Le prix moyen des agneaux repasse la barre des 9,10 €/kg

Les prix des agneaux ont rebondi la semaine dernière après un été de canicule qui a fait souffrir la filière. L’offre…

rayon viande en boucherie
En viande bovine, un commerce régulier, des tensions sur le filet

Si les pièces hivernales de viande bovine sont encore peu sollicitées, les abattoirs jugent le commerce de la viande bovine…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio