Elior aime le multisupport
Si la préparation et la distribution de repas représentent la raison d’être d’Elior, l’entreprise s’aventure de plus en plus dans les services associés pour accroître ses ventes.
L’implantation de distributeurs automatiques (Elior possède un parc de 6 000 machines) et de boutiques au sein même des restaurants d’entreprise obéit à cette logique. « Le développement de ces services associés passe par différents actes, comme le vending (vente automatique), la vente de plateaux-repas, ou le room service, qui consiste à distribuer des repas sur plusieurs étages d’un même immeuble» explique Jacques Roux, directeur d’Elior France.
En Espagne, ou le groupe est très présent, des expériences de monitorat sont en place avec des écoles privées, Elior gérant à la fois les repas et leur surveillance. Ces services cherchent à augmenter les recettes par deux vecteurs : soit au niveau des contrats liés avec les entreprises, soit directement avec les consommateurs. Ce petit plus accompagne de très bons résultats annuels, qui ont couronné une croissance interne de 4,4 %, accompagnée d’une amélioration des marges de 0,2 %.
En 2003-2004 Elior a ainsi signé pour 185 millions d’euros de nouveaux contrats, dont les 2/3 ont été gagnés sur l’autogestion et les petits acteurs locaux, le tiers restant provenant de contrats gagnés sur les 3 autres grandes sociétés de restauration collective. Très présent sur le segment des collectivités, Elior réalise également 1/3 de son chiffre d’affaires dans la restauration de concession (aéroports, autoroutes et ville), renforçant la multiplicité des supports. En bonne santé financière, le groupe s’est lancé récemment dans des opérations de croissance externe, avec l’acquisition de la société Les repas parisiens, qui renforce sa très bonne position sur la région parisienne, « bien que nous soyons un peu en retard sur la province » a concédé Gilles Cojan, responsable de la stratégie.
À l’avenir, les Européens devraient de plus en plus manger chez Elior. C’est en tout cas ce qu’on pouvait conclure de l’annonce du président Robert Zolade, pour qui les 60 % de CA réalisés en France sont destinés, à moyen terme à être dépassés par les activités internationales. « Il faut aller chercher le client où il se trouve» ajoute t-il. « À ce titre, nous ne sommes pas assez présents en Allemagne. Mais attention, nous ne souhaitons pas de petits déploiements. Nous nous focalisons sur un petit nombre de pays, avec l’établissement de partenariats pour être en co-leadership ».