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Comment s’adapter à l’incertitude des marchés ?

La volatilité des marchés est devenue une constante pour les matières premières agricoles. Comment les professionnels de chaque secteur s’y adaptent ? Quelques réponses ont été apportées lors d’un débat organisé par la meunerie française.
Ouvrant les débats organisés par l’Association nationale de la meunerie française (ANMF) le 8 septembre, sur le thème des « défis de l’incertitude des marchés », Bernard Valluis, délégué général de l’association, a constaté que l’incertitude et la volatilité augmentent sur les marchés agricoles, affirmant que tous les efforts de régulation ne les élimineront pas complètement. Chaque profession du secteur agroalimentaire doit donc s’adapter à ce climat d’incertitude. Un constat largement partagé.
Pour Henri Brichart, vice-président de la FNSEA et président de la FNPL, l’incertitude fait partie intégrante de l’agriculture, qu’il s’agisse des volumes de production, soumis aux conditions climatiques, des coûts ou des prix. Mais elle prend un aspect nouveau pour le secteur laitier européen jusqu’alors relativement stabilisé par la politique des quotas. « La filière doit se préoccuper de la gestion de cette incertitude et de la manière dont elle peut se répercuter de façon verticale de l’amont à l’aval (contractualisation), mais aussi de manière horizontale, car il n’y a pas un produit laitier à la volatilité identique », a-t-il déclaré.
Yves Delaine, président de la Fédération nationale des corps gras, directeur général adjoint de Sofiprotéol et directeur général de Lesieur, rappelle que le secteur des huiles, mais aussi des graines et des tourteaux, est depuis longtemps en prise directe avec les marchés internationaux. D’où l’utilité des marchés à terme comme outils de gestion et non pas de régulation. Faut-il rappeler que le retour des marchés à terme agricoles a commencé en 1994 avec le colza ? La stratégie de la filière repose aussi sur sa diversification, de l’alimentaire à la chimie en passant par l’énergie (carburants).

La conserve concernée malgré ses contrats

Pierre Deloffre, président de France Champignon dont il supervise l’intégration dans le groupe Bonduelle, constate que l’industrie de la conserve est aussi confrontée indirectement à la volatilité des matières premières agricoles, malgré une politique de contractualisation avec les producteurs, ceux-ci pouvant changer de type de production en fonction de la rentabilité d’autres cultures, par exemple les céréales. Par ailleurs, devant la difficulté de répercuter à la distribution des augmentations de prix, il évoque la nécessité d’inventer de nouvelles façons de faire. « Il n’y a pas une solution, mais des solutions qui consisteront à lisser les variations et à répartir les risques ».
Deux autres témoins ont exposé leurs positions sur l’incertitude des marchés : Bruno Hot, président du Syndicat des fabricants de sucre et Patrick Poirrier, PDG du chocolatier Cemoi. Le premier représente un secteur encore partiellement protégé par un système de quotas, alors que l’autre est confronté à un marché de sa matière première totalement libéral. Mais ces deux industries sont exposées aux politiques des grands exportateurs mondiaux. Le premier compte sur la politique de la Pac et les règles développées par l’interprofession ; le second constate que les chocolatiers sont génétiquement attachés aux marchés à terme pour gérer leurs entreprises.

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