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Céréales bio : une campagne particulièrement déficitaire

Compte tenu de la progression de la demande, il a fallu recourir à l'importation pour équilibrer le marché. La production française ne suit pas.

Pour la première fois, l’ONIGC vient de publier des bilans prévisionnels pour la campagne en cours concernant les céréales biologiques ainsi que les évolutions de prix pour ces productions très modestes par rapport aux cultures traditionnelles. Compte tenu de la progression de la demande, il a fallu recourir à l’importation pour équilibrer le marché, notamment cette année pour le blé en raison d’un effondrement des rendements.

Entre 2006-2007 et 2007-2008, les surfaces consacrées au blé bio ont été pratiquement stables à 30 000 ha. En revanche, les rendements se sont effondrés, tombant de 30 à 20 q/ha, la collecte passant de 70 460 t à 52 000 t. Le bilan prévisionnel établi par l’ONIGC table sur une nette progression de la demande des meuniers qui passerait de 52 700 t à 59 000 t, alors que les utilisations par les fabricants d’aliments du bétail (FAB) baisseraient de 21 % à 14 000 tonnes. Les échanges nets, comptabilisés comme « utilisations » quand les exportations dépassent les importations et comme « ressources » lorsque les entrées dépassent les sorties, passeraient de - 6 900 t à + 24 000 tonnes, la France habituellement exportatrice, devenant importatrice nette.

410 euros la tonne !

En matière de prix, les blés bio ont connu la même tendance haussière que les blés conventionnels, leur prix progressant pendant le premier semestre de l’actuelle campagne de 44 % après + 24 % en 2006-2007 . De telle sorte qu’en 18 mois, le prix moyen du blé bio est passé de 190 à 410 euros, se décrochant encore plus du blé conventionnel , avec un écart de prix moyen de 80 %.

Le maïs bio n’a pas connu d’aussi forte baisse des rendements que le blé. Sur des surfaces comparables à celle de l’année précédente, 7 200 hectares, la récolte a permis une collecte identique, de 30 000 tonnes, la demande de la part des fabricants d’aliments du bétail progresserait, d’après ce bilan prévisionnel, de 15 % à 28 000 tonnes. Pour équilibrer le marché, le recours à l’importation sera nécessaire, contrairement à la dernière campagne. Après une flambée des prix en 2006-2007 (+178 € en un an du prix ferme à la production), le mouvement de hausse s’est ralenti (+ 21 € depuis la récolte de septembre dernier) pour se situer à 350 € prix ferme à la production soit environ 70 % du prix de maïs conventionnel. Troisième grande céréale bio, le triticale a enregistré, comme le blé, une baisse de rendement importante, 25 q/ha contre 35, procurant une collecte de 7 350 t, 41 % de moins que pour la précédente campagne. Mais, contrairement au blé et au maïs, les utilisations intérieures pourraient diminuer de l’ordre de 30 %, dont 24 % par les FAB, par rapport à 2006-2007. Le prix du triticale payé ferme au producteur, a progressé de 120 €/t entre la campagne 2006-2007 et la fin de la 1 re partie de l’actuelle, pour se fixer autour de 250 euros.

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