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Canal Seine-Nord Europe : tout le monde sur le pont

Coopératives et négoces céréaliers se préparent à l’ouverture du nouveau canal Seine-Nord Europe en 2017-2018. Mais les répercussions économiques et logistiques ne devraient pas se limiter au seul secteur agricole.
« Le canal Seine-Nord Europe va bouleverser toute l’économie céréalière de la grande région Nord », soulignait François Pignolet, directeur général adjoint d’Axéréal, le 20 décembre dernier, en commentant les répercussions de la mise en fonctionnement du futur canal sur l’activité d’Axeréal.
Alors que les premiers coups de pioche ne sont pas encore donnés et que sa mise en eau est repoussée à 2017-2018 (soit plus de deux ans de retard sur les prévisions), les groupes coopératifs implantés au nord de Paris se préparent à faire leur révolution logistique. « Aujourd’hui, faire partir un bateau sur l’Égypte nous revient moins cher que faire partir un train vers Sète ou Port-la-Nouvelle », ajoutait le dirigeant du septième groupe coopératif français, qui a expédié plus d’un million de tonnes de grains à partir de ses silos portuaires méditerranéens.
Mais dès 2018, le nouveau canal Seine-Nord Europe devrait modifier les flux logistiques des céréales au nord de Paris. « Cela devrait rationaliser nos flux vers le Benelux », précisait-il. Et Axéréal s’y prépare déjà. Il vient d’obtenir la concession de 9,5 hectares supplémentaires dans le port d’Anvers qu’il est en train de reprendre sur la mer. Pour Axéréal, cette implantation sur le port d’Anvers dépasse la seule activité « malterie » de sa filiale Boormalt dont la capacité de production s’élève à 320 000 tonnes par an.
Avec près de 2 millions de tonnes en entrée et en sortie, les silos anversois occupent en effet une position stratégique dans l’Europe du Nord-Ouest. « À Anvers, nous pouvons nous appuyer sur une véritable plateforme logistique qui dépasse le cadre de notre activité malt », précisait ce jour-là Philippe de Raynal, son nouveau directeur général. Tout laisse en effet supposer qu’Axéréal devrait y renforcer son stockage de céréales dès la mise en eau du nouveau canal.
Autre projet d’importance : le nouveau silo portuaire qui devrait se créer en Picardie. Jean-François Gaffet, président de Noriap, vient d’annoncer la création officielle de « l’Union du Canal Seine-Nord » le 15 décembre dernier, en s’appuyant « sur l’expérience portuaire de Senalia ».

Union des coopératives

Cette Union – au capital symbolique de mille euros – réunit une dizaine de coopératives du Nord-Bassin parisien parmi lesquelles on retrouve In Vivo, Senalia, Agora, Axion, Noriap, Cap Seine, Cap Som, Cerena, Cohesis et la toute nouvelle coopérative Sana Terra (issue de la fusion de La Santerroise et de deux coopératives de Rosières). « Notre projet consiste à conforter notre silo de Languevoisin (100 000 tonnes de capacité) et y développer le site en nous ouvrant de nouvelles perspectives de débouchés sur l’Europe du Nord », précisait Jean-François Gaffet à l’occasion de l’assemblée générale du groupe Noriap.
« Champagne-Céréales et la Scara (non signataires de l’Union pour l’instant, NDLR) sont fortement intéressées », a-t-il ajouté ce jour-là. Au delà du seul aspect « transit céréalier », le projet vise en effet à « développer de nouvelles activités autour du transport de vrac sur une véritable plateforme multimodale ».
C’est également ce qui est prévu à Marquion dans la Région Nord-Pas de Calais, où Unéal et le groupe Carré projettent – séparément ? – de développer leurs infrastructures en créant un nouveau port céréalier à Graincourt-les-Havrincourt, sur une superficie de 5 à 8 hectares. Dès 2007, Unéal y envisageait notamment la construction d’un port céréalier.
Cambrai-Marquion, Péronne-Languevoisin, Nesle et Noyon sont les quatre plateformes dont l’implantation est prévue sur environ 360 hectares le long du nouveau canal. Ces activités portuaires à vocation industrielle et logistique disposeront notamment de quais de transbordement au service des industries locales. Leur localisation a été retenue en tenant compte des complémentarités des infrastructures (ferroviaires sur Nesle, routières ou autoroutières sur Cambrai-Marquion, Péronne-Haute Picardie et Noyonnais), permettant aux plateformes portuaires de jouer un rôle de « hub ».

Marchés captifs

Car l’effet d’entraînement du canal ne se limitera pas au seul secteur céréalier mais devrait concerner l’ensemble des secteurs industriels. La centrale biomasse Kogeban de Nesle (Cogénération Biomasse Ajinomoto Nesle), dont la première pierre a été posée le 26 novembre 2011, devrait utiliser à terme près de 250 000 tonnes par an de biomasse déchargées à partir du canal (principalement des plaquettes de bois issues de sous-produits de l’exploitation forestière). Cette centrale biomasse (80 millions d’euros d’investissements) devrait produire à la fois 16 MW d’électricité et 60 tonnes de vapeur d’eau par heure et couvrir les besoins énergétiques du site industriel agroalimentaire de Mesnil Saint-Nicaise (principalement l’usine Ajinomoto Foods Europe implantée à côté de Nesle).
« Il y a des marchés que le fluvial découvre et de nouveaux marchés captifs devraient y trouver un intérêt », expliquait à Lille Michel Delpuech, préfet de Picardie et préfet coordonnateur du canal Seine-Nord en décembre dernier, lors de la réunion du dernier comité consultatif.
En effet, le transport fluvial pourrait s’ouvrir à de nouveaux clients comme l’aéronautique (à partir de Méaulte pour transporter des pièces d’Airbus vers Toulouse), l’automobile (Peugeot), la grande distribution ou les entreprises de gestion des déchets.
« Le producteur d’acides aminés Ajinomoto Foods Europe, implanté à Nesle et à Amiens, pourrait utiliser le canal pour le transport de certains de ses produits dangereux », expliquait le préfet coordonnateur. L’Oréal, qui dispose d’une plateforme logistique à Roye, pourrait également utiliser le canal pour ses échanges avec le port du Havre… à condition bien sûr que cette nouvelle logistique soit compétitive.
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