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AOP et IGP en fête aux 10èmes rencontres de Cambremer

Les dix ans de Cambremer coïncidaient avec les dix ans de l’envoi des premiers produits briguant une IGP ou une AOP à Bruxelles. Occasion de faire un retour en arrière sur 10 ans de politique de l’origine.

Traditionnellement, depuis dix ans, la Normandie fête ses AOC (appellations d’origine contrôlée) et maintenant ses IGP (indications géographiques protégées) à Cambremer. À l’initiative d’Ambroise Dupont, sénateur du Calvados et en présence de Nicole Ameline, ministre de la Parité et de l’Egalité Professionnelle, de grands témoins européens ont apporté leur expertise à la tribune. C’est en effet en janvier 1994 que quelques 1 300 produits européens arrivèrent sur le bureau du Comité de réglementation à Bruxelles en vue de leur homologation. Dix ans plus tard, plus de 600 produits auront ainsi reçu leur validation qui les protège sur l’Europe entière, nouveaux entrants compris.

Ana Soeiro, responsable de la qualité du ministère du Portugal s’est félicité de la réussite des 80 produits portugais déjà enregistrés et de l’engouement des producteurs portugais à demander la protection de leurs produits. Elle estime à 150 le nombre de produits de son pays qui pourraient ainsi être protégés. Inversement elle a fortement regretté la façon dont sont étudiés les dossiers de produits à Bruxelles par le Comité de réglementation qui valide les dossiers sur le simple et unique critère qu’aucune opposition ne se soit manifestée.

Entrants : 300 dossiers bientôt déposés ?

Jean Boyazoglou, qui vient de quitter la présidence du Comité scientifique, a montré la complexité générée par la différence de culture produits et territoires entre les états du nord de et ceux du sud de l’Europe. Le Comité scientifique étant chargé d’étudier sur le fond les dossiers « à problèmes » et de donner un avis au comité de réglementation. Le généticien s’est aussi exprimé quant aux nouveaux entrants : « Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Certains pays sont riches historiquement et sont prêts à faire protéger leurs produits dès qu’ils seront prêts sur le plan sanitaire. C’est le cas entre autres de la Slovénie et de la Hongrie. Il faut s’attendre à ce que près de 300 produits demandent la protection européenne».

David Thual, représentant le réseau « orIGin », récemment créé pour présenter un front mondial uni des appellations d’origine et autres indications d’origine protégées a expliqué les motivations profondes de la naissance du réseau et fait le bilan d’un an d’existence.

OriGin, un succès comme une traînée de poudre

La création de ce réseau s’est répandue comme une traînée de poudre et des producteurs du monde entier demandent à adhérer au mouvement. « Après un an d’existence, nous sommes invités par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à mettre en place des tables rondes dont les thèmes seront la protection des indications géographiques dans le round du développement de Doha et le commerce durable,s’est-il réjoui. Ces tables rondes se dérouleront le 27 juin à Genève, dans le cadre du symposium annuel de l’OMC. » Un exemple concret illustrait le travail initié par « orIGin « : la présence de Zubida Charrouf, animatrice de l’huile d’Argan (Maroc) et de Jean-Jacques Bret, Directeur du Syndicat interprofessionnel du Gruyère de Comté qui ont scellé un partenariat d’aide pour monter le dossier difficile de l’huile d’Argan. Riche d’histoire, de social et de typicité, il faudra le faire reconnaître par le gouvernement Marocain. Le travail en commun de ces deux interprofessions aussi différentes est remarquable.

Enfin, Yves Goguely, Président du Comité II de l’Inao et qui représentait l’Inao a insisté sur le travail à la fois de conseil pour les pays tiers et de « gendarme « pour le respect des AOC et IGP dans le monde avec plus de 50 avocats travaillant sur près de 300 dossiers d’usurpation ou de détournement des appellations françaises.

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