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Le biocontrôle pour mieux gérer la bactériose du melon

L’ajout de produits de biocontrôle pour réduire l’utilisation du cuivre de sulfate, tout en assurant une protection efficace contre la bactériose, a montré son intérêt dans des essais.

De fortes attaques de bactériose ont été constatées en 2020 dans le Centre-ouest, particulièrement en Vendée. © Acpel
De fortes attaques de bactériose ont été constatées en 2020 dans le Centre-ouest, particulièrement en Vendée.
© Acpel

La bactériose du melon s’étend aujourd’hui à l’ensemble des régions de production. Le Centre-ouest, du fait de conditions souvent humides et d’une part importante de production sous chenilles et bâches, et le Sud-ouest, sont particulièrement concernés. En 2020, dans le Centre-ouest, des pluies continues du 4 au 22 juin, accompagnées de températures basses, ont entraîné de fortes attaques. « Il y a eu des attaques sur des plants très jeunes, indique David Bouvard, de l’Acpel. Et sur les parcelles proches de la récolte, les pertes ont été très élevées, avec de 20 à 80 % de fruits touchés. » Le seul produit actuellement homologué en melon contre la bactériose est le cuivre de sulfate. « Mais la réglementation limite désormais l’utilisation du cuivre à 28 kg de cuivre métal sur sept ans, soit en moyenne 4 kg/an, rappelle David Bouvard. Depuis quelques années, nous testons donc différentes stratégies à base de cuivre et de produits alternatifs et de biocontrôle pour réduire l’utilisation du cuivre tout en assurant une protection efficace contre la bactériose. »

Protection significative et réduction des doses de cuivre

En 2020, les essais financés par la Région Nouvelle-Aquitaine ont comparé la bouillie bordelaise à la dose homologuée de 4 kg/ha (800 g de cuivre métal/ha) et à la dose de 2 kg/ha, associée à trois produits alternatifs et de biocontrôle : Helioterpen Film, adjuvant à base d’oligomères terpéniques, Limocide, à base d’huile essentielle d’orange douce, et Rhapsody, à base de Bacillus subtilis souche QST 713, à effet Stimulateur de défense des plantes. Des attaques de bactériose ont été constatées sur feuillage puis sur fruits, avec 20 % de fruits touchés sur le témoin non traité. Les traitements à la bouillie bordelaise à 4 kg/ha ont été efficaces (moins de 10 % de fruits touchés), mais pas ceux à 2 kg/ha. Deux applications précoces de Limocide ont permis de réduire les attaques sur feuillage, mais sans gain significatif sur les fruits. Il n’y a pas eu non plus d’intérêt de l’ajout d’Helioterpen Film à la bouillie bordelaise à 4 kg/ha. L’ajout de Rhapsody à 8 l/ha à la bouillie bordelaise à 2 kg/ha a par contre limité significativement les attaques sur fruit. « L’efficacité est similaire à celle de la bouillie bordelaise à 4 kg/ha, avec deux fois moins de cuivre, souligne David Bouvard. Utilisé seul, Rhapsody n’est pas suffisant, mais associé au cuivre, il permet une protection significative et une réduction des doses de cuivre. Il est de plus utilisable en AB. Et nous n’avons pas vu de phytotoxicité. Son intérêt devra être confirmé par d’autres essais. »

 

A lire aussi : Melon : des leviers agroécologiques contre la fusariose

 

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