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Pluies et grêle dans le Tarn : la production de l’ail rose de Lautrec ravagée

La pluie mais surtout la grêle a ravagé la moitié des cultures d’ail rose de Lautrec dans le Tarn. Certains producteurs, très durement touchés, n’auront aucune production à récolter que ce soit en ail, en céréales ou maraîchage. La ministre de l’Agriculture est venue constater les dégâts mercredi 21 mai. Les producteurs sont dans l’attente de solutions de soutien. 

Parcelle d'ail rose de Lautrec ravagée par la pluie et la grêle dans le Tarn le 19 mai 2025
Si une partie de la production d’ail rose de Lautrec n’a pas été touchée, certains producteurs ont vu leur récolte ruinée par les orages et la grêle le 19 mai au soir. Déchiquetté par la grêle, l'ail va pourrir au sol.
© Syndicat de défense du Label Rouge Ail Rose et de l'IGP Ail rose de Lautrec

Une énorme pluviométrie mais surtout un gros épisode de grêle qui a duré une vingtaine de minutes lundi 19 mai au soir dans le Tarn a ravagé une grosse partie de la production de l’ail rose de Lautrec IGP ainsi que d’autres cultures. L’épisode de grêle qui a balayé plusieurs communes sur une distance de 5 kilomètres de large (Puylaurens, Guitalens, Puycalvel, Lautrec et jusqu'à Vénès), « une amplitude énorme et d’une force inouïe, relate Gaël Bardou, producteur et président du Syndicat de l'Ail Rose de Lautrec. D’habitude, les orages de grêle sont assez localisés, ils touchent quelques exploitations et rarement dans la totalité »

Lire aussi : Ail : pourquoi l’Aniail exhorte l’industrie à choisir l’origine France et ses signes de qualité ?

Plus de la moitié de producteurs touchés et la plupart à 100 %

Plus de la moitié des producteurs de l’IGP Ail de Lautrec ont été touchés et la majorité l’ont été à 100 % : ils n’auront aucune récolte. « On parle de l’ail, mais c’est pareil pour toutes les autres cultures de ces producteurs », ajoute Gaël Bardou. Une partie de ces agriculteurs tarnais n’aura donc rien à récolter, que ce soit en ail de Lautrec ou autres aulx, en céréales, maraîchage ou horticulture. « Les oignons sont rasés à tel point qu’on a l’impression qu’on a passé le broyeur », décrit le producteur. Côté céréales, le tournesol qui faisait 10 centimètres de haut a été pulvérisé. Si d’autres parcelles de céréales semblent moins touchées, il suffit de s’approcher pour observer les dégâts. « Pour les orges, il n’y a plus un grain sur l’épis », constate Gaël Bardou. Pour le blé, « les épis sont tout éclatés et il n’y a plus de feuilles, donc il y a peu de chance de mener la culture au bout ».

 

Visite ministérielle pour constater les dégâts et écouter les producteurs 

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, après une visite aux agriculteurs du Tarn-et-Garonne, s’est rendue mercredi 21 mai à Lautrec (Tarn). Le président du Syndicat de défense du Label rouge et de l'IGP Ail rose de Lautrec était bien évidemment présent pour faire un état de la situation des producteurs. « Nous sommes allés sur une parcelle pour constater les dégâts et on a pu parler de la situation », détaille-t-il. 

Selon le producteur, la ministre de l’Agriculture a évoqué « des fonds qui pourraient être débloqués, mais sans trop s’avancer. On est donc aujourd’hui dans l’attente ». 

 

Problèmes de trésorerie et assurance

« Certains producteurs, qui n’auront pas de récolte cette année ont déjà des problèmes de trésorerie, explique le représentant des producteurs d’ail de Lautrec, et certains ne sont pas assurés : c’est tellement compliqué pour eux qu’à un moment, ils ont dû faire des choix. On ne s’imagine jamais une catastrophe de cette ampleur. Pour eux, redémarrer après cet épisode va être compliqué. C’est le désarroi total ! », ponctue-t-il.

L’état de catastrophe naturelle devrait être décrété, « mais cela n’apporte rien par rapport aux pertes de cultures, précise pour Gaël Bardou. Les états de catastrophe naturelle et de calamité indemnisent surtout par rapport aux pertes de fonds (bâtiments touchés, talus qu’il faut remonter peut-être) ».

Certaines parcelles d’ail de Lautrec n’ont pas du tout été touchées. Sans avoir encore les données définitives mais au regard des communes touchées, le syndicat de défense de l’ail rose de Lautrec estime qu’environ la moitié de la production pourrait être commercialisé cette année. « Une année, normale, nous commercialisons entre 600 et 800 tonnes d’ail, rappelle Gaël Bardou, cette année, il faudra compter la moitié ».

Le Syndicat de défense du Label Rouge Ail Rose et de l'IGP Ail rose de Lautrec est réparti sur 87 communes et regroupe 120 producteurs. 

En cellule de crise, les producteurs ont rendez-vous mercredi 28 mai avec les services de l’Etat, le Département du Tarn, la Région, la Préfecture, la chambre d’Agriculture, la MSA, les banques, les assurances pour voir ce qui peut être mis en place pour soutenir les producteurs. 

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