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Robot ou salle de traite, les indicateurs à calculer pour bien choisir

Les tensions sur la main-d’œuvre poussent de nombreux éleveurs à sauter le pas des robots de traite. Pourtant le retour sur investissement n’est pas toujours au rendez-vous. Pour cette exploitation de 125 vaches, il ne faut pas l’espérer avant 60 ans.

Deux stalles de robot de traite GEA
© GEA

Investir dans un robot de traite supprime des tâches physiques et allège les astreintes de la traite. C’est une solution souvent retenue au moment du renouvellement d’une installation de traite devenue inadaptée à la taille du troupeau et soumise à la diminution du nombre de trayeurs.

Lire aussi : « Notre tracker solaire nous a fait économiser 6 400 euros en un an »
 

Cas d’une exploitation laitière spécialisée de 110 hectares, 125 vaches laitières, 2,5 unités de main-d’œuvre

Les deux options pour moderniser l’installation de traite en capacité de traire 110 vaches :

Option A : Salle de traite TPA 2 x 12 postes

Option B : Robots 2 stalles
 

• Le retour sur investissement (RSI) avec économie de temps de main-d’œuvre est supérieur à 60 ans

RSI = (investissement B - investissement A) / [variation EBE + (CMO A – CMO B) + (frais financiers A - frais financiers B)]

(388 000 – 282 000) / [–9 700 + (39 750 – 27 300) + (3 160 – 4 330)] = 67 ans

CMO : charges de main-d’œuvre

Coût du temps gagné = 62 €/h

Coût du temps gagné = [(Amortissement B – Amortissement A) + (frais financiers B – frais financiers A) – variation EBE] / (temps de travail B - temps de travail A)

[(26 580 – 11 757) + (4 430 – 3 160) + 9 700] / (1 340 – 915) = 62 €/h

Le robot plus coûteux que la salle de traite

Le robot de traite est une option plus coûteuse que la salle de traite, en raison notamment de son prix d’achat, de sa durée d’amortissement plus courte et de ses surcoûts de fonctionnement. Le RSI d’un robot est évalué à plus de 60 ans, temps bien supérieur à la durée de vie technique de cet équipement (15 ans). À conditions de production identiques (volumes de lait, main-d’œuvre, coût alimentaire…) il n’y a jamais de retour sur investissement pour le robot.

Il génère en revanche une économie de 400 à 500 heures de travail par an. Chaque heure économisée coûte 62 €. Dans la réflexion, on peut ainsi comparer ce coût horaire à celui d’un salarié, sachant que le robot permet aussi de supprimer la pénibilité de la traite et de gagner en souplesse dans la gestion des astreintes, des éléments non évalués sur le plan économique.

Lire aussi Élevage laitier : les bons calculs avant d’investir

Céline Fave et Yannick Pechuzal

 

Repères

Des fiches « équipements d’élevage » pour raisonner son investissement sont disponibles sur le site du Cniel (cniel-infos.com). De l’automatisation pour la traite et l’alimentation aux aménagements pour faciliter la gestion du pâturage (boviduc, réseaux d’adduction d’eau au pâturage), elles abordent la question de l’investissement et du temps économisé.

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