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Projets de bâtiments d’élevage (ICPE), d’irrigation (IOTA) et de méthanisation : un décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Un décret publié ce matin au journal officiel vise à accélérer les contentieux contre certains projets agricoles et notamment de bâtiments d’élevages.

  Bâtiment d’élevages de volailles dans les Côtes d’Armor
« Ce décret oblige aussi l’auteur du recours à notifier les porteurs de projets et empêche les auteurs du recours de soulever de nouveaux arguments lors de l’avancée de l’instruction, car c’était aussi un moyen de faire durer le plaisir », souligne Annie Genevard.
© Pascal Le Douarin

[Mis à jour le 23 avril 2026]

Au journal officiel de ce 22 avril 2026 est paru un décret (n°2026-302 du 21 avril) visant à simplifier la procédure contentieuse en matière environnementale et à l’accélération de certains projets, y compris agricoles.

« Ce décret est très important, il concerne les projets d’élevage et accélère les contentieux », a expliqué Annie Genevard ce matin lors d’une table ronde organisée dans la Mairie de Montluçon dans l’Allier sur « la simplification et l’accélération des procédures agricoles ».

Lire aussi : Projets ICPE et IOTA : les avocats vent-debout contre le décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Ce nouveau régime concerne les « 150 cathédrales industrielles », ou « grands projets stratégiques » (GPS) – incluant l’agroalimentaire et les biocarburants – évoqués le même jour par Emmanuel Macron lors d’un Conseil des ministres décentralisé dans l’Allier. 

Lire aussi : « Le projet de bâtiment d'élevage doit être juridiquement irréprochable »

Que dit le décret d’accélération des contentieux et quelle date de mise en œuvre ?

Ce décret, dont la mise en application est prévue à compter du 1er juillet 2026, prévoit de confier la compétence pour juger les contentieux pour certains projets directement aux cours administratives d’appel (en supprimant ainsi le passage par le tribunal administratif), et leur impose de statuer dans un délai de dix mois maximum. Il fait suite à la loi de simplification adoptée au Parlement la semaine passée.

« Ce décret oblige aussi l’auteur du recours à notifier les porteurs de projets et empêche les auteurs du recours de soulever de nouveaux arguments lors de l’avancée de l’instruction, car c’était aussi un moyen de faire durer le plaisir », souligne Annie Genevard.

En outre, le ministre délégué à l’Environnement, Mathieu Lefèvre, a annoncé que les porteurs de projet pourront saisir la justice en cas de recours « abusif », selon l’AFP

Lire aussi : Loi d’orientation agricole : quelles mesures censurées par le Conseil constitutionnel ?

Quels sont les projets agricoles concernés ?

Ce décret de simplification des contentieux en matière d’environnement porte sur les « projets contribuant à des objectifs définis (développement des énergies décarbonées, infrastructures de transports, opérations d'intérêt national et grandes opérations d'urbanisme, souveraineté économique et industrielle et souveraineté alimentaire) ». Il s’inscrit pour l’agriculture dans le prolongement de la loi d’orientation agricole de 2025.

Pour les projets agricoles, sont cités dans le décret :

  • Les installations de méthanisation de déchets non dangereux ou de matière végétale brute
  • Les projets d’élevages relevant de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) : de vaches laitières (de plus de 50 vaches), les élevages allaitants (de plus de 100 vaches), les centres d’allotements de plus de 50 places, les élevages de porcs (y compris ceux de plus de 2000 emplacements), de volailles (y compris ceux de plus de 40 000 emplacements) de lapins.
  • Certains forages, barrages de retenues et plans d’eau pour l’irrigation relevant de la nomenclature IOTA (installations, ouvrages, travaux et activités soumis à autorisation ou déclaration)
     

Lire aussi : Abandon d’un projet d’élevage de 1000 porcs dans la Creuse, pourquoi Les Ecologistes félicitent la préfète ?

Un rapport attendu pour le 1er juillet 2030

Le décret prévoit par ailleurs qu’avant le 1er juillet 2030, un comité de suivi associant des représentants du ministre de la justice et des ministres chargés de l'écologie, de l'industrie, des transports, de l'agriculture et de l'urbanisme ainsi que des représentants du Conseil d'Etat, des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel remet au Premier ministre un rapport recensant le nombre d'actes et de litiges régis par les dispositions du présent décret et dressant un bilan de leur mise en œuvre.

Lire aussi : Conférences de la souveraineté alimentaire : quelles ambitions de reconquête se fixent les filières agricoles à dix ans ?

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