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La Fondation du patrimoine sauve aussi les races en péril

La brebis Sasi Ardi n'a pas dit son dernier mot...
© Christophe Lebrun / Fondation du Patrimoine

Quelle perception les Français ont-il de la biodiversité agricole ?  La Fondation du Patrimoine et Ceva Santé Animale ont commandé une étude à la société d'études marketing Opinéa pour appréhender les connaissances des Français sur la biodiversité animale et en particulier sur la notion de race agricole.

En voici les grandes lignes.

- 1 Français sur 3 n'a pas conscience de la menace qui plane sur l'élevage traditionnel. Si 83 % des Français se disent prêts à soutenir l'élevage traditionnel en achetant plus cher un fromage ou une viande issus d'une race agricole locale (près de la moitié d'entre eux accepterait de payer entre 5 % et 20 % plus cher), seuls 20 % d'entre eux savent que nombre de ces races locales agricoles sont menacées. Et 35 % ne savent pas ou estiment que l'élevage local français n'est pas en danger.
- Si 26 % des Français savent que la vache Bordelaise est en voie d'extinction, 11 % pensent à tort qu'il s'agit de la Charolaise ou de la Normande (9 %) tandis qu'une majorité d'entre eux (53 %) ne sait pas si l'une de ces races locales est menacée.
- Pourtant, un arrêté du 29 avril 2015, modifié par un arrêté du 13 mars 2017, précise la "liste des races reconnues, des races locales et des races menacées d'être perdues pour l'agriculture" en bovin, caprin, ovin et porcin. Il en ressort que plus de 80 % des races locales risquent de disparaître dont :
22 races bovines sur 30 reconnues locales en France (Bordelaise, Bretonne pie noire, Moka...) 3 ;
23 des 47 races locales ovines (Avranchine, Boulonnaise, Landaise, Ouessant...) ;
8 des 10 races locales caprines (Créole, Poitevine, Provençale, Pyrénéenne...) ;
7 des 12 races locales porcines (Cul Noir Limousin, Pie Noir du Pays Basque, Porc Blanc de l'Ouest...).
- Pourtant, 95 % les Français jugent importante la préservation des races agricoles françaises.

Préserver l'agrobiodiversité animale, pourquoi ?

Dans l'étude, les Français mettent en avant cinq raisons de conserver les races à petit effectif.

- Maintenir l'équilibre de nos territoires et soutenir l'économie locale (62 %) ;
- Préserver les identités culturelles locales (56 %) ;
- Protéger notre patrimoine génétique (51 %) ;
- Nourrir les hommes en quantité et en qualité (36 %) ;
- Résister aux changements climatiques et aux risques sanitaires (25 %).


" Ce contexte de raréfaction des races locales françaises est d'autant plus préjudiciable que ces dernières contribuent effectivement à l'équilibre économique et à l'identité des territoires. Elles participent aussi au maintien d'une diversité essentielle pour la préservation de notre écosystème. Plus il sera diversifié, mieux il pourra résister aux changements, qu'ils soient d'ordre climatique ou sanitaire " notent la fondation et le laboratoire.

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Un prix national

Et c'est ce qui motive, pour la sixième année, les organisateurs du Prix national pour sauver l'agrobiodiversité animale (www.fondation-patrimoine.org/prix-agro).
" Les candidats ont jusqu'au 1er décembre 2017 pour envoyer leur dossier de candidature. Le prix 2018, d'une dotation totale de 20 000 euros, sera remis lors du Salon international de l'agriculture à Paris, du 24 février au 4 mars 2018. Le jury récompense trois critères majeurs : la dimension économique du projet, son impact social et environnemental sur le territoire, et les actions de sensibilisation et de communication autour d'une race à préserver. "
Ce concours a été créé en 2012. Il est placé sous le haut patronage du ministère de l'Agriculture et il récompense chaque année des actions originales de préservation et de valorisation de races agricoles françaises domestiques à faible effectif représentatives d'un patrimoine génétique unique. Bovins, caprins, équidés, ovins, porcs, volaille, chiens de travail et tous les animaux de basse-cour sont concernés.
En cinq ans, ce concours a permis de découvrir plus de 170 initiatives régionales françaises et de soutenir 16 éleveurs lauréats qui se sont partagé 115 000 euros remis par le laboratoire et par un mécène particulier. En 2017, la vache Nantaise, la brebis Sasi Ardi, le boeuf Moka et le mouton Boulonnais ont été récompensés.

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