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Pâturer plus tôt et plus tard

L'herbe pâturée est l'aliment le moins onéreux pour nourrir des bovins. Une bonne gestion du calendrier de pâturage est incontournable pour qu'ils puissent en profiter le plus longtemps possible, dès le début du printemps jusqu'à la fin de l'automne.

Bonne gestion du pâturage rime avec autonomie et économie : l'herbe est l'or vert de l'exploitation.
Bonne gestion du pâturage rime avec autonomie et économie : l'herbe est l'or vert de l'exploitation.
© F. d'Alteroche

« Nous, éleveurs allaitants, sommes généralement bons soigneurs. Cependant, nous avons trop tendance à oublier que pour produire de la viande bovine, il faut d'abord faire pousser de l'herbe. Il faut surtout bien gérer le pâturage pour que du début du printemps à la fin de l'automne, nos animaux aient le plus longtemps possible une herbe au bon stade en quantité suffisante. C'est une donnée clé pour réduire nos coûts de production », expliquait Anmel Rommellière, éleveur en Haute-Vienne, à l'occasion d'un colloque organisé en décembre dernier à Limoges, à l'initiative du réseau "Herbe et Fourrage en Limousin. Et de rappeler que si l'herbe pâturée au bon stade est le fourrage le plus équilibré sur un plan nutritionnel tout en étant le plus économique, il permet aussi aux animaux de s'alimenter seuls sans avoir besoin de la main de l'homme et de ses machines ! La diminution du temps de présence dans les bâtiments réduit aussi mathématiquement les besoins en stocks de fourrage et en paille de litière.

Face à l'évolution du prix des matières premières et des coûts de mécanisation liés à la récolte, puis à la distribution des fourrages, sans oublier l'épandage des fumiers ou lisiers, une meilleure gestion du pâturage est le premier levier sur lequel il est possible d'agir pour gagner en autonomie et réduire le coût de l'alimentation des bovins. « En 2014, à l'échelle d'une exploitation de 100 UGB, 10 jours de pâturage supplémentaires représentent une économie de 1230 euros », souligne le réseau Herbe et Fourrage en Limousin.

Optimiser la qualité et le volume des stocks de fourrage

Sortir plus tôt, rentrer plus tard et cloisonner davantage les parcelles pour pâturer une herbe au bon stade, tout en optimisant la qualité et le volume des stocks de fourrage. Voilà un objectif dont les grandes lignes sont depuis plusieurs années prônées par différents organismes de développement. Dans le Limousin, les responsables du programme « Herbe et Fourrage » vulgarisent une méthode inspirée par les travaux de divers instituts : la méthode Herbo-Lis mise en avant par Arvalis, celle relative aux sommes de températures initiée par l'Inra et le pâturage tournant dont les grands principes ont été posés par André Voisin.

En Corrèze, Creuse et Haute-Vienne, 780 éleveurs ont été initiés à cette méthode. Impossible cependant de savoir précisément combien d'entre eux l'ont réellement mis en pratique sur leurs exploitations. « Cela fait parfois tâche d'huile. Quand un éleveur obtient de bons résultats, cela suscite généralement l'intérêt de certains de ses voisins », explique Pascaline Rapp, animatrice de ce réseau dans le Limousin. « C'est encore plus efficace quand c'est un agriculteur qui le dit à un autre agriculteur ! » Les discussions entre éleveurs ont donc un rôle important pour vulgariser ces pratiques et inciter à trouver de nouveaux adeptes.

Si la région Limousin travaille depuis une bonne dizaine d'années sur ce sujet, elle a fait des émules. En particulier dans les chambres d'agriculture des départements très herbagers situés en périphérie. « La région Centre a par exemple monté un programme "Herbe et Fourrage "sur le modèle du nôtre. Aquitaine et Poitou-Charentes ont également une réflexion à ce sujet. »

Au sein d'Elvea France, l'objectif est de vulgariser le « pâturage tournant dynamique ». Technique qui se démarque du pâturage tournant classique par un nombre accru de micro-parcelles sur lesquelles les animaux tournent encore plus rapidement. Pour les années à venir, l'objectif est d'adapter le pâturage tournant à l'évolution de la dimension des exploitations et des troupeaux. Ce travail est actuellement en cours dans la Creuse. Il s'agit d'analyser dans quelles conditions il est possible de mettre en place du pâturage tournant avec des lots conséquents (50 à 60 têtes), sur des exploitations elles-mêmes de grande dimension et gérant des troupeaux de taille conséquente.

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Bovins Viande d'avril 2015. RBV n°225 p. 18.

Au sommaire :

. p. 20 - Gestion du pâturage tournant -  Les grands principes

. p. 22 - Enquête conduite en Corrèze - Ils sont devenus "herbiculteurs"

. p. 26 - Pour apprendre à mieux utiliser la ressource en herbe - Une formation à Jalogny

. p. 28 - Chez Michel Paillet dans le sud du Cher - Les stocks ont été sécurisés

. p. 30 - Chez Jean-Pierre Duclos, en Haute-Garonne - Des paddocks de 65 ares pour 30 à 35 vaches

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