L’Europe reste le premier exportateur de produits laitiers au monde. Mais si les échanges mondiaux ont progressé ces dernières années, c’est grâce aux grands pays producteurs du continent américain. La Chine reste le premier importateur, mais là aussi, perd du poids face à des pays en croissance.
+11 %, c’est la croissance des échanges mondiaux de produits laitiers selon les calculs de la Rabobank entre 2017 et 2025. La croissance moyenne annuelle était de l’ordre de 2 %, avec un repli lors de l’envolée des prix de 2022 et un pic en 2025 alors que la production affichait une forte dynamique.
L’Europe reste premier exportateur de produits laitiers
L’Union européenne à 27 pèse pour 27 % des échanges mondiaux de produits laitiers en 2025, gardant sa place de premier sur le podium ; bien qu’en déclin puisqu’elle pesait 30 % des échanges en 2017. La Nouvelle-Zélande reste au deuxième rang, avec 22 % des échanges, une part qui ne faiblit pas. Ce sont les pays d’Amérique qui profitent du retrait communautaire, puisque les États-Unis sont passés de 10 % à 14 % de parts de marché et l’ensemble Argentine + Uruguay représente 4,3 % des échanges mondiaux contre 3 % en 2017. Les exportateurs européens font donc face à une compétition renforcée, pointe la Rabobank.
En milliards de kg de matière séche. Source : Rabobank
2017
2025
Union européenne
28
27
Nouvelle-Zélande
21
22
USA
10
14
Biélorussie
5
6
Australie
4
4
Uruguay et Argentine
3
4
Reste du monde
21
24
Le poids de la Chine en baisse
Du côté de la demande, Rabobank note que la Chine reste le premier importateur de produits laitiers, mais que ses achats baissent notablement depuis le pic de 2021. Mais d’autres marchés se montrent dynamiques, comme l’Arabie saoudite, où la consommation progresse mais la production stagne vu les conditions. La dépendance aux importations progresse aussi aux Émirats arabes unis et à Oman. Les tensions sur le golfe persique et le détroit d’Ormuz pèsent donc sur le marché mondial des produits laitiers.
En Asie du Sud-Est, la Malaisie et la Thaïlande montrent une croissance robuste de leurs importations, la tendance est plus fragmentée en Indonésie et au Vietnam. C’est néanmoins le Brésil qui a affiché la plus forte croissance de ses achats, +77 % entre 2022 et 2025, grâce à une demande centrée sur le fromage et les poudres. Une croissance qui profite notamment à son voisin argentin.
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Le fromage, moteur de la croissance des échanges mondiaux
Les échanges mondiaux de fromage ont progressé de 40 % entre 2017 et 2025. Une tendance qui a profité aux exportateurs argentins et états-uniens, qui ont chacun doublé leurs envois. Les exportations européennes de fromage ont quant à elles progressées de 12 %, c’est plus que la hausse des fabrications (+6 %) et de la collecte (+5 %), ce qui reflète une stratégie des industriels laitiers.
La valorisation du lactosérum progresse
Les volumes de lactosérum échangés sur le marché mondial ont très peu évolué ces 8 dernières années, mais leur prix a nettement progressé depuis un an et demi, reflet d’une demande en croissance, avec des nouveaux usages en nutrition santé et sportive.
La croissance des échanges de poudres de lait est restée en revanche très limitée. L’Union européenne et le Royaume-Uni ont su conserver leurs parts de marchés. Les États-Unis sont moins présents sur ce marché, ce qui laisse à l’Europe des opportunités en Asie du Sud-Est. Le marché de la poudre grasse demeure dominé par la Nouvelle-Zélande et ses 53 % des parts de marché. L’Union européenne y est en fort retrait, reflet du choix stratégique des industriels d’orienter les fabrications sur le beurre ou le fromage. L’Argentine et le Royaume-Uni en ont profité.
La Chine a drastiquement réduit ses achats de lait liquide, pénalisant avant tous l’origine UE dont les envois sont passés de 750 000 tonnes en 2021 à 250 000 en 2025. Pour autant, les exportations européennes de lait liquide ont affiché une croissance de 2 % par an, grâce notamment à la dynamique des envois de l’Irlande vers le Royaume-Uni à travers la frontière irlandaise.