Prix du blé 2025 : sécuriser une partie des ventes malgré des cours faibles

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Les experts conseillent de vendre une partie de la récolte avant l'arrivée des blés argentins, notamment. Crédits : © P. Cronenberger

Les prix du blé restent orientés à la baisse, facilitant les exportations françaises qui profitent par ailleurs d’un euro faible. Mais l’arrivée des blés argentins et russes pourrait accentuer la pression sur les cours. Les opérateurs conseillent de sécuriser une partie des volumes.

Le rythme de collecte est inférieur aux autres campagnes, indique Hector Pointeau, trader chez Céréapro. « Les producteurs écoulent orge, colza et maïs, mais conservent leur blé pour l’instant. » En cause un prix faible qui incite les céréaliers à faire de la rétention plutôt que de vendre. Mais, si à court terme, les exportations françaises profitent d’une parité euro/dollar favorable, « à moyen terme, on est baissier sur le premier trimestre 2026 », indique le trader, qui recommande à ses clients de commencer à vendre.

Un cours du blé à 195 €/t sur l'échéance mars 2026

Même son de cloche chez Arnaud Ponset, directeur de Céréfi : « Nous nous attendions à une guerre des prix, qui n’a pas eu lieu pour l’instant. Mais la tendance des prix est à la baisse en dollar et en ajustement par rapport à la parité euro/dollar. Si la parité passe de 1,16 à 1,10, on peut gagner 10 euros par tonne. » L’expert estime que l’on s’achemine vers un cours du blé à 195 euros la tonne sur l’échéance mars 2026 d’Euronext plus ou moins 5 euros la tonne, « mais pas davantage, sauf si la géopolitique venait à changer la donne ». Pour répondre au besoin de trésorerie, Arnaud Ponset conseille de vendre une partie de la récolte, et éventuellement de recourir à un contrat d’option, qui garantit un prix minimum tout en gardant la possibilité de profiter d’une hausse du marché sur la fin de campagne (juin).

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L’arrivée des blés argentins et russes inquiète

Les deux experts craignent l’arrivée des blés argentins sur les marchés qui sont les plus agressifs sur les prix. Avec une moisson annoncée exceptionnelle, le blé argentin est déjà plus compétitif que le blé français sur le Maroc pour janvier, révèle Hector Pointeau qui craint que la France ne soit obligée de baisser ses prix pour continuer à exporter sur ce marché.

Il faut ajouter à cela les interrogations sur les blés russes. « Actuellement, les Russes maintiennent des prix élevés, car les récoltes du pourtour de la mer Noire ne sont pas bonnes et l’acheminement des bonnes récoltes de l’Est sibérien coûte très cher », indique Arnaud Ponset qui ajoute que le maintien des prix est aussi un moyen de préserver la paix sociale dans les campagnes russes. « Si les Russes venaient à baisser leurs prix, il nous faudrait baisser les nôtres pour préserver nos marchés. » Autre inconnue, la politique chinoise en matière d’importation. « Le marché pourrait remonter si les Chinois se remettaient à acheter », estime Arnaud Ponset, mais là encore, difficile de faire des prévisions.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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