variété patrimoniale Meslier saint-françois, un cépage réputé pour sa fraîcheur et sa finesse

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La parcelle Carré des Fantômes compte six cépages oubliés de l'appellation armagnac, dont le meslier saint-françois. Crédits : © Domaine d'Aurensan
Les feuiles adultes sont petites à moyennes, de couleur vert foncé. Crédits : © IFV
Flacon haut de gamme et rare d'une cuvée 100 % meslier saint-françois au Château le Courréjot. Crédits : © Château le Courréjot

Le meslier saint-françois est un blanc originaire du Bassin parisien. Sensible à l’oïdium et à la pourriture, il se prête bien à la distillation. L’AOP touraine l’a intégré dans les Vifa.

Origine et sensibilité aux maladies

Un cépage ancien très peu cultivé

Le meslier saint-françois serait originaire du Bassin parisien. Il apparaît comme un cépage très ancien si on se réfère à un document de l’abbaye de Saint-Germain-des-Près, où le cépage meslier est mentionné en 1512. D’après des analyses génétiques, il provient d’un croisement entre le gouais blanc et le chenin. Il est inscrit au Catalogue officiel des variétés de vigne de raisins de cuve liste A. Le meslier saint-françois est à ce jour très peu cultivé, quelques parcelles en armagnac (1,7 hectare sur les 5 500 de l’appellation) où il fait partie des dix cépages autorisés et quelques ares en Charentes pour la production du pineau où il fait partie du cahier des charges.

Dans le berceau de l’armagnac, le meslier saint-françois a été réintroduit sur 50 ares sur un sol argilo-calcaire très sec en 2013 par Patrick Giacosa du Château le Courréjot, à Condom-en-Armagnac, dans le Gers. Convaincu de sa singularité, il a prévu d’en replanter 1 hectare en 2027. Au domaine d’Aurensan, à Cassaigne, dans le Gers également, le meslier saint-françois fait partie des six cépages oubliés de l’appellation et replantés en 2015, cépages cultivés, récoltés et vinifiés ensemble pour une cuvée « Carré des Fantômes ».

L’AOP touraine l’a récemment intégré dans son cahier des charges des variétés d’intérêt à fin d’adaptation (Vifa).

Le meslier saint-rançois est une variété peu sensible au black-rot et au mildiou. En revanche, elle se montre assez sensible à l’oïdium et très sensible à la pourriture grise et à la pourriture acide.

Phénologie et caractéristiques agronomiques

Débourrement précoce et maturité tardive

Le débourrement du meslier saint-françois est précoce (trois jours avant le chasselas), ce qui le rend sensible aux gelées de printemps, et sa maturité est deuxième époque (trois semaines après le chasselas) ce qui peut être compliqué compte tenu de sa sensibilité à la pourriture grise et de ses grappes compactes. Récolté aux environs 15 septembre au Château le Courréjot et sur la parcelle du Carré des Fantômes au Domaine d’Aurensan, cela ne semble pas poser de problème.

<em class="placeholder">Grappe de variété de raisin de cuve meslier saint-françois</em>
Les grappes et les baies du meslier saint-françois sont de taille moyenne. © IFV
Le meslier saint-françois est un cépage fertile mais il offre une vigueur faible à modérée. « Son niveau de production est inférieur à un cépage comme l’ugni blanc qui fait référence pour la production des eaux-de-vie », remarque Olivier Yobregat de l’IFV sud-ouest, mais comme le remarque Patrick Giacosa, « il peut malgré tout atteindre 120 hectolitres par hectare sur un terroir fertile ». À noter, selon ce vigneron, que le meslier saint-françois fait beaucoup de pampres et qu’il est très « dur » à la taille (sécateur électrique obligatoire).

Potentialités œnologiques

Des eaux-de-vie avec des notes de miel

Distillé, le meslier saint-françois offre des eaux-de-vie très aromatiques et fines. Patrick Giacosa a choisi d’en faire une cuvée 100 % meslier saint-françois 10 ans d’âge, « un armagnac rare et unique avec des notes d’acacia et de miel ». Au Domaine d’Aurensan, dans la cuvée « Carré des Fantômes », il donne un armagnac qui révèle « des notes de fruits charnus et juteux et évolue vers des arômes comme le miel et la fleur ».

En touraine, récemment implanté dans le cadre des Vifa, Philippe Faure, président de l’appellation, attend de cette ancienne variété « une touche de fraîcheur et d’acidité pour de futurs assemblages ». À suivre dans les années à venir.

carte d’identité

Origine cépage ancien du Gâtinais

Couleur blanc

Nombreux synonymes gros meslier, françois blanc, blanc ramé, purgarie, pélegarie ou pelgarie

Surface cultivée en France moins de 5 ha

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