Les rogneuses traînées, synonymes de productivité

- - 5 min
Certains constructeurs combinent une tondeuse à une rogneuse. Crédits : © Kirogn

Les rogneuses traînées sont des machines offrant de bons débits de chantier, adaptées à des surfaces minimales de 30 à 40 hectares.

Depuis quelques années, les rogneuses traînées fleurissent dans les vignes, notamment en Charentes, départements qui représentent la majeure partie des ventes de ce type de machine. "L'Italie, mais aussi le Gers commencent à s'intéresser à ces appareils hautes performances", constate Christine Barg, de la société Ero. Comparativement aux modèles portés double rang, ces rogneuses traînées, que l'on retrouve chez les viticulteurs et entrepreneurs travaillant au moins 30 à 40 hectares, affichent des tarifs qui peuvent sembler dissuasifs, entre 50 000 et 67 000 euros. Le différentiel de prix avec un modèle porté deux rangs complet va, selon les marques, de 5 000 euros, à équipements comparables, à un facteur de 1 à 2, quand le niveau d'équipement n'est pas comparable.

Mais ces machines présentent des atouts qui justifient l'investissement. "On peut l'atteler derrière un Renault 60", s'amuse à citer comme exemple Bruno Fairé, de la société Naotec. Dotées d'une centrale hydraulique, les rogneuses traînées, dont le poids tourne autour de 1,5 tonne, ne nécessitent qu'une prise de force et un attelage deux points. Eventuellement un distributeur. Un tracteur de 50 chevaux et de 50 ans d'âge suffit alors à en trainer une. "En comparaison, les machines portées de 1,2 à 1,3 tonne imposent un tracteur assez puissant pour pouvoir les relever, mais aussi suffisamment lesté pour garder un bon équilibre", ajoute Mathieu Crochet, de la société Kirogn. Le comportement routier des rogneuses traînées autorise des vitesses de déplacement plus importantes. Avec le centre de gravité assez bas de ces appareils, les trajets sont plus sécuritaires et plus sereins, un atout pour les exploitations au parcellaire dispersé. 

Une voie variable pour s'adapter aux différentes configurations

En outre, la voie variable des machines traînées permet d'être aussi stable dans les vignes à 2 m, avec des épaisseurs de végétation de 60 cm que dans les vignes à 3 m avec 1,50 m d'épaisseur. "Avec des rogneuses portées, il est plus sécuritaire de changer de tracteur, pour un modèle plus large, si on veut garder une bonne stabilité quand on passe d'une vigne de 2 m à une parcelle à 3 m d'interrang", précise Cyrille Fournier de la société Ero. 

La position arrière des rogneuses traînées présente l'avantage de ne pas encrasser les grilles de la calandre, ni le parebrise du tracteur, contrairement au modèle porté frontal. En revanche, ce dernier se distingue par la reprise des bois tombant et/ou croisés avant le passage des roues du tracteur, ce qui évite que ces dernières cassent les bois. 

S'adapter aux fourrières

 

 
Kirogn personnalise ses rogneuses comme ici avec cette machine aux couleurs du stade rochelais.
Kirogn personnalise ses rogneuses comme ici avec cette machine aux couleurs du stade rochelais. © Kirogn

"Pour la circulation routière, notre rogneuse dispose de sa carte grise, comme c'est le cas pour tout véhicule de 1,5 tonne et plus", précise Mathieu Crochet. Autre particularité, la rogneuse Kirogn dispose d'un timon réglable qu'on peut raccourcir, notamment quand les fourrières sont un peu courtes. Le train roulant de cet appareil se distingue par la position décalée entre les roues avant et les roues arrière, "pour répartir le poids sur le sol". Cette machine est proposée en option en version Isobus. 

 

 
Naotec se distingue par une tourelle au niveau de l'articulation. Brevetée, ce système se veut plus robuste.
Naotec se distingue par une tourelle au niveau de l'articulation. Brevetée, ce système se veut plus robuste. © L. Vimond

Chez Naotec, la rogneuse se caractérise par un timon qui se déploie hydrauliquement, que l'on peut rétracter ponctuellement depuis la cabine, dans les fourrières courtes.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

 

 
Naotec propose un séquençage de bout de rangs pour faciliter les demi-tours.
Naotec propose un séquençage de bout de rangs pour faciliter les demi-tours. © Naotec

Elle bénéficie d'un séquençage de bout de rang personnalisable selon les conditions. "On peut gérer des mouvements soit d'un côté, soit de manière simultanée des deux côtés, ajoute Bruno Fairé. Au besoin, toutes les fonctions se pilotent via un jeu de combinaisons avec un joystick et quatre boutons." Autre particularité de cet outil, un système de tourelle en guise d'articulation robuste et des lamiers périphériques qui se replient vers l'avant. "Sur la route, la rogneuse est contenue dans un cube de 2,5 m de côté."

 

 
Ero propose une fonction miroir qui permet de permuter entre la gauche et la droite les réglages de chaque côté lors des demi-tours.
Ero propose une fonction miroir qui permet de permuter entre la gauche et la droite les réglages de chaque côté lors des demi-tours. © Ero

Homologuée sur la route, la rogneuse Xiew sur châssis trailer de Ero se caractérise par la possibilité de travailler en symétrique ou en asymétrique et d'intégrer une fonction miroir. "Après avoir réglé le côté gauche, on peut choisir de dupliquer ces réglages à droite, en appuyant sur un bouton, ou de gérer des paramètres distincts à droite, comme dans les dévers où il est possible de décaler les éléments de coupe : une fonction miroir échange les réglages gauche-droite lors de chaque demi-tour", explique Cyrille Fournier. Depuis l'unité de contrôle, il est possible de paramétrer plusieurs configurations de réglages, par exemple fourrière et rang, une simple pression sur un bouton permettant de passer de l'une à l'autre.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires