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Des porte-outils pour un bon débit de chantier

Les constructeurs proposent des porte-outils pour augmenter les débits de chantier, améliorer la qualité de travail ou le confort du chauffeur.

Sur les machines à vendanger de types porteurs multifonctions, les porte-outils arrière doubles permettent de réaliser des bons débits de chantier à chaque passage. Dotés de prise de force pour chaque outil, ils contribuent à valoriser les puissances de traction et hydraulique disponibles sur ces automoteurs et aident à les amortir. Lorsque le porteur multifonction est également doté d’un bras avant, il peut réaliser deux, voire trois travaux en même temps.

« Certains de nos clients installent une rogneuse un rang plus deux demi-rangs à l’avant et, au choix, deux cultivateurs sur chacun des relevages arrière, s’ils labourent chaque interrang, ou un cultivateur et une tondeuse interrang, s’ils maintiennent l’enherbement un rang sur deux », donne pour exemples Jacques Servoles de Pellenc. Même si on peut y voir attelés des épandeurs d’engrais ou des rampes pour désherber ou épamprer chimiquement, ces porte-outils sont principalement utilisés en travail du sol et à la tonte, des travaux pouvant être réalisés à des vitesses élevées. Rares sont ceux qui y mettent des interceps, éventuellement des roues Kress.

Ces appareils proposent un certain nombre d’automatismes qui aident à la conduite. « On ne peut pas avoir l’attention portée sur deux ou trois outils en même temps », justifie Jacques Servoles. Le porte-outil multifonction dispose de palpeurs au sol et latéraux. Les premiers règlent la hauteur de l’outil par rapport au sol : le conducteur a juste à paramétrer la profondeur de travail en début de chantier par rapport à ces palpeurs. Les seconds servent, une fois l’interrang paramétré, à recentrer en permanence l’outil dans l’interrang, corrigeant les écarts de conduite. Certains s’équipent de caméras pour avoir une vue sur les outils. D’autres se limitent juste aux rétros bien positionnés pour contrôler.

Un seul chauffeur pour faire le travail de deux

Se montant et se démontant en dix à trente minutes, ces porte-outils offrent, outre ceux servant au positionnement de chaque outil, des automatismes de bout de rang qui permettent de simplifier les manœuvres. « Une seule impulsion et on relève tous les matériels », explique Pierre Cayrouse de New Holland. « Les outils sont recentrés sur le châssis et se replient à la verticale s’ils sont pourvus d’un troisième point hydraulique, poursuit Jacques Servoles. Une fois le demi-tour effectué, on appuie sur le même bouton et les outils redescendent et se recentrent dès que les palpeurs touchent les premiers ceps. »

Côté tarif, Pellenc et New Holland proposent leurs solutions aux prix respectifs de 26 000 et 60 000 euros. « C’est un frein à l’investissement, constate Pierre Cayrouse, mais dès lors que l’on a un grand parcellaire pour bien valoriser le porte-outil, il y a un bon retour sur investissement. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, notamment qualifiée, un bon chauffeur peut faire le travail de deux personnes. » Les heures réalisées avec le porte-outils aident également à l’amortissement du porteur multifonction.

Mieux vaut travailler les deux côtés du rang en même temps

 

 
Le porte-outils Acolyte 150+ de Boisselet travaille un rang complet et s'appuie sur les palpeurs pour s'autocentrer. © Boisselet
Outre les versions sur porteurs multifonctions, il existe également les porte-outils traînés derrière les tracteurs, notamment pour travailler sous le rang, à l’image de l’Acolyte 150 + de Boisselet. « Lorsque nous avons créé cet outil, nous sommes partis d’un constat, dont nous n’avons toujours pas l’explication : travailler simultanément les deux côtés d’un rang réalise un meilleur boulot que faire la même tâche pour chaque demi-rang en deux passages successifs, reconnaît Fabrice Dulor de Boisselet. En d’autres mots, un enjambeur réalisera toujours un travail plus qualitatif qu’un cadre porte-outils interrang bien réglé. » Le porte-outil Acolyte 150 + (pour les vignes de 1,50 m et plus) est donc la transposition traînée d’un enjambeur.

 

Ne nécessitant qu’un tracteur de 50 chevaux, le porte-outil dispose d’une centrale hydraulique composée de trois pompes (débit de 20, 30 et 30 l/min), ainsi qu’une roue motrice à droite, qui a pour vocation de maintenir aligné l’Acolyte qui roule en déporté par rapport au tracteur. « Un potentiomètre piloté par le conducteur donne à cette roue plus de motricité en montée ou moins dans les descentes, explique Fabrice Dulor. Des palpeurs assurent l’autocentrage permanent. Et les roues au milieu de l’interrang procurent de la stabilité aux interceps en termes de profondeur de travail. »

Pour les viticulteurs pratiquant l’enherbement un interrang sur deux, l’Acolyte permet de circuler avec le tracteur uniquement dans les interrangs enherbés. Côté débit de chantier, la vitesse d’avancement de l’Acolyte, dont le tarif varie de 30 000 à 45 000 euros selon les équipements, est limitée par ce que permettent les outils interceps.

L’Emisol travaille deux rangs en intercep

 

 
Le porte-outil Emisol de Forge Boisnier travaille deux rangs complets à chaque passage. © Forge Boisnier
Pour avoir davantage de débit de chantier avec des interceps, il n’y a nul autre choix que de multiplier le nombre de rangs travaillés. C’est le choix qu’a fait Forge Boisnier, en développant il y a trois ans l’Emisol. Doté d’un double essieu à voie variable pour s’adapter aux interrangs, le porte-outils traîné dispose de deux portiques pour travailler deux rangs complets et ne circuler que sur les interrangs enherbés. À l’arrière, un relevage et une prise de force permettent d’atteler un outil interrang, une tondeuse par exemple. D’un poids de 2,7 tonnes et doté de deux pompes hydrauliques de 40 et 70 l/min, l’outil connaît un vif succès avec plus de 60 appareils commercialisés (tarif actuel de 67 000 euros HT) et répond à la demande de viticulteurs qui veulent du débit de chantier, notamment suite à l’arrêt du désherbage chimique sur le rang. « Certains clients travaillent 650 hectares par an, en quatre passages », cite pour exemple Adrien Boisnier, le dirigeant.

 

L’appareil dispose d’une gestion de la hauteur des interceps sur chaque descente et d’un recentrage automatique des outils. Destiné aux vignes de 2,20 à 3 m, l’Emisol dispose depuis peu d’un petit frère, le Limasol livré récemment en Anjou, pour les vignes de 1,70 à 2,50 m. « Une version plus musclée, baptisée Emisol Adrien, sortira prochainement de l’atelier, pour les vignes de 2,50 à 3 m, poursuit Adrien Boisnier. Pourvu d’un double châssis pour pouvoir recevoir des décavaillonneuses, il affiche une tonne de plus sur la bascule et intègre le graissage centralisé, un pont moteur, le report de charge, l’Isobus et la gestion de la hauteur par laser. Doté de pompes hydrauliques de 40 et 90 l/min, il pourra recevoir d’autres outils que des interceps, comme des rogneuses, des épampreuses et des rotofils. »

 

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