Conjoncture / Céréales Le repli estimé de la production mondiale de maïs mène le marché

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LES PRIX MONDIAUX des céréales ont encore progressé en septembre, ceux du blé ayant regagné les pics observés début août, indique le Conseil international des céréales (CIC) dans sa dernière note de conjoncture en date du 23 septembre. Si le déclencheur initial pour cette forte hausse des valeurs du blé et de l’orge au cours des derniers mois était la vive détérioration des perspectives pour ces récoltes dans la région mer Noire, une bonne part de l’orientation à la hausse plus récente est imputable aux craintes liées à des rendements de maïs moindres que prévu aux Etats-Unis ainsi qu’à un intérêt acheteur substantiel pour la nouvelle récolte de la part des importateurs.

Une production mondiale de maïs record, bien que revue à la baisse
    La production mondiale de maïs en 2010/2011 devrait grimper à un record de 824 Mt (contre 810 Mt en 2009/2010). Les prévisions sont abaissées de 5 Mt, car des estimations réduites pour les Etats-Unis et l’Ukraine font plus qu’essuyer les projections de plus grosses récoltes formulées ailleurs.
    La consommation mondiale de maïs est placée à un chiffre record de 837 Mt en 2010/2011 (contre 822 Mt la campagne précédente), quasiment inchangée par rapport au mois d’août. L’utilisation mondiale dans l’alimentation animale devrait augmenter de 6 Mt pour s’établir à 485 Mt. Les prix comparativement plus élevés de l’orge et du blé de qualité fourragère devraient déplacer une partie de la demande vers le maïs importé, surtout en Corée du Sud, aux Philippines et en Israël.
    Puisque la demande mondiale devrait dépasser la production, les stocks de maïs à la fin de 2010/2011 devraient reculer pour la deuxième année consécutive à 131 Mt (-4 Mt par rapport à l’estimation d’août), contre 143 Mt enregistrées en 2009/2010.
    La fermeté de la demande mondiale d’aliments pour animaux devrait relever les échanges de 6 % en 2010/2011 (juillet-juin). Le total est estimé faire 1,9 Mt de plus que le mois dernier à 91,8 Mt (contre 86,3 Mt en 2009/2010).

Réduction de 13 Mt des stocks mondiaux de blé en fin de campagne
    Alors que la moisson entame ses derniers chantiers dans l’hémisphère Nord, les prévisions de production mondiale de blé sont maintenues à 644 Mt, quelque 33 Mt de moins que l’an dernier mais tout de même le troisième résultat le plus élevé jamais enregistré. Des estimations réduites pour la Russie et le Pakistan sont compensées par de meilleures perspectives en Australie.
    Les stocks mondiaux de blé à la fin de 2010/2011 devraient reculer de 13 Mt, à 183 Mt, en baisse de 1 Mt sur le mois d’août mais tout de même le troisième plus gros volume de stocks de report des dix dernières années. Les stocks des principaux pays exportateurs sont placés en repli de 2,1 Mt par rapport aux prévisions antérieures, à 53,8 Mt  (contre 69,7 Mt en 2009/2010).
    Les échanges mondiaux de blé en 2010/2011 sont jugés reculer mais à 119 Mt (126 Mt), ils font 2 Mt de plus que le mois dernier.

Des disponibilités céréalières moindres plombent les stocks pour 2010/2011
    Les récoltes fortement réduites rentrées cette année dans la CEI et en Europe contribueront à un repli de 1,2 % des disponibilités mondiales de céréales, mettant fin à trois années successives d’accumulation des stocks. La production mondiale en 2010/2011 est estimée à 1.741 Mt (1.787 Mt), en retrait de 4 Mt par rapport aux projections du mois dernier. Cela fait suite à des révisions à la baisse, pour le maïs aux Etats-Unis et pour le blé dans la CEI, qui font plus qu’absorber les meilleures perspectives formulées pour l’Australie. Des réductions sensibles de la production de blé et d’orge compensent une nouvelle hausse dans le cas du maïs, même si les perspectives pour cette dernière récolte se sont légèrement détériorées récemment. Des conditions de végétation et de moisson difficiles en certains points d’Amérique du Nord, d’Europe et de la CEI ont nui aux disponibilités de blé de meunerie de qualité supérieure et d’orge de brasserie.
    La consommation de céréales en 2010/2011 devrait croître de 0,6 %, à 1.780 Mt mais cela représente un ralentissement marqué par rapport aux années précédentes car le taux global d’expansion dans l’utilisation industrielle, notamment pour la fabrication d’éthanol aux Etats-Unis, est moins ambitieux. Dans le secteur de l’alimentation animale, l’utilisation de maïs sera dopée, alors que celle de blé va probablement rester stationnaire, mais cela va plus que compenser les réductions formulées pour l’orge et les autres céréales.
    Avec une consommation mondiale de céréales qui devrait dépasser la production après trois années d’excédent, les stocks de report mondiaux en 2010/2011 devraient reculer de 39 Mt à 353 Mt, principalement du fait des replis chez les exportateurs mondiaux, notamment la Russie et les Etats-Unis. Toutefois, le total des stocks de report restera sensiblement supérieur aux faibles volumes observés plus tôt dans la décennie écoulée.
    Les échanges mondiaux de céréales devraient reculer en 2010/2011, principalement du fait de la contraction des expéditions de blé. A 237 Mt (239 Mt), le total fait 5 Mt de plus que les prévisions d’août, suite à des révisions à la hausse pour l’UE et la Russie.

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