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Ensilage d'herbe : l’intérêt économique du recours à un conservateur se calcule

Arvalis met en perspective les coûts des conservateurs par rapport aux gains potentiels qu’ils peuvent offrir sur la base des pertes évitées et de la préservation de la protéine.

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Dans une majorité de situations, le recours à un conservateur à la bonne dose se montre rentable pour l’ensilage d’herbe.
© C. Pruilh

« Dans les situations les plus critiques, le recours à un conservateur ne peut pas suffire à conserver correctement le fourrage, prévient Mickaël Venot d’Arvalis. Dans le cas d’un fourrage à fort pouvoir tampon, humide et contaminé par de la terre par exemple, l’ajout d’un conservateur ne sauvera pas la mise et ne servira finalement qu’à renchérir le coût du fourrage sans apporter un réel bénéfice. »

Par contre, dans d’autres situations, la plus-value peut se montrer au rendez-vous. Arvalis s’est notamment penché sur l’intérêt économique des conservateurs biologiques à partir de deux éléments quantifiables qui sont la préservation de la matière sèche et celles des qualités nutritionnelles. « D’autres bénéfices tels que l’amélioration de l’appétence des fourrages ou les effets sanitaires peuvent jouer mais ils restent difficiles à chiffrer. »

Calculer le coût d’opportunité du conservateur

L’Institut technique a basé son approche économique sur le calcul du coût d’opportunité, c’est-à-dire du prix à partir duquel le recours au conservateur vaut le coup, en tablant sur un prix situé entre 1,5 et 3 € par tonne brute traitée pour un conservateur biologique (tandis qu’un conservateur chimique avoisine une dizaine d’euros par tonne brute). Le tableau ci-dessous présente les économies potentielles en fonction du pourcentage de pertes évitées et du coût de production du fourrage. « Avec un coût de fourrage récolte incluse situé entre 90 et 140 €/tMS, le conservateur doit au moins limiter les pertes quantitatives entre 3 à 5 % pour amortir son coût, résume Anthony Uijttewaal d’Arvalis. Dans une majorité de situations, le recours à un conservateur à la bonne dose se montre rentable pour l’ensilage d’herbe. »

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L’impact du conservateur sur la qualité nutritionnelle du fourrage, grâce à une meilleure préservation de la protéine, est aussi à prendre en compte mais il est plus rare de parvenir au prix d’opportunité(1) sur la seule base de ce critère. « Il faut atteindre un niveau de prix de tourteau assez élevé (550 €/t) couplé à une réduction de la protéolyse assez conséquente. Il convient donc de prendre l'amélioration qualitative liée à la préservation de la protéine ainsi que les impacts positifs sur l'appétence et le sanitaire comme un bonus. »

(1) Le calcul repose sur la réduction de la protéolyse et du coût estimé des PDI sur la base d’un tourteau de soja.

En savoir plus

Le RMT Avenirs Prairies vient d’éditer récemment une brochure de 16 pages « Comprendre, choisir et appliquer les conservateurs de fourrages ensilés » en ligne sur le site de l'AFPF.

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