La transition vers des emballages diminuant voire bannissant le plastique passe par l’acceptabilité des consommateurs, comme le rappelle une étude menée par FranceAgriMer, Interfel et Topo Lab en 2026.
La protection des fruits et légumes est la fonction de l’emballage sur laquelle les consommateurs ne sont pas prêts à transiger. Toute solution meilleure pour l’environnement doit donc répondre à cette attente. C'est l'un des résultats d'une étude FranceAgriMer/Interfel/Topo Lab sur la perception des emballages alternatifs en fruits et légumes frais.
La visibilité du produit n’est que le cinquième critère d'appréciation des emballages mais son poids est en réalité plus important. La transparence est « un moyen de vérifier et de rassurer sur la qualité », souligne l'étude. Le manque de visibilité est ainsi reproché par 30 % des interviewés à la barquette en carton ajourée.
Le seul point faible de la barquette plastique
La transparence est un atout de la barquette plastique. Elle coche aussi les attentes de robustesse, facilité de transport et possibilités de fermeture et d’hygiène. Elle reste la « référence implicite » de l’emballage idéal. Mais elle a obtenu la plus faible intention d’achat parmi les sept emballages testés dans l’étude pour cause d’image peu écologique. Malgré ses qualités d’usage, la barquette est donc fragilisée pour l’avenir, selon les auteurs.
Le carton bénéficie d’un « capital de confiance » à défaut d’être jugé innovant. Son attractivité dépend toutefois de sa conception. Une barquette ouverte est ainsi moins performante qu’un emballage carton comprenant une fenêtre ou une fermeture. Si les produits sont superposés sur deux niveaux, le manque de visibilité est un handicap.
De la pédagogie pour expliquer les matériaux méconnus
La cellulose est considérée comme innovante mais l’attractivité de la barquette de cellulose moulée à un film operculé est limitée par la méconnaissance du matériau. Idem pour la cellulose utilisée en film ou en sachet transparent, assimilée par certains à du plastique. De la pédagogie est donc nécessaire lorsque le matériau est mal connu pour ne pas risquer de décourager l’achat.
Les sachets avec fenêtre en hydrate de cellulose ou en cellulose ou le filet cellulose ont aussi le handicap de moins bien protéger les produits. Ces solutions ne peuvent donc s’appliquer qu’à certains produits peu fragiles. L’étude insiste d’ailleurs sur la nécessité de prendre en compte le couple produit-emballage, chaque fruit ou légume frais ayant ses spécificités.
L'argument "sans plastique" ne suffit pas
Se revendiquer « sans plastique » ne suffit pas. La gestion de l’emballage après usage doit être claire pour le consommateur. Les informations apportées doivent être concrètes : possibilités de recyclage, composition ou matière et réduction de la quantité de déchets par allègement ont plus d’impact que l’empreinte carbone, notion plus abstraite.
« L’enjeu n’est pas de remplacer mécaniquement le plastique par un matériau réputé plus écologique, mais de construire le bon compromis en combinant performance d’usage, adaptation au produit et bénéfices environnementaux clairement compréhensibles », conclut l’étude.
Source : Étude des attentes et perception des emballages alternatifs en fruits et légumes frais réalisée par Topo Lab pour FranceAgriMer et Interfel.
Méthodologie
Phase qualitative avec tables rondes de consommateurs de fruits frais à Montpellier et Lyon en février 2026 puis phase quantitative avec sondage en ligne auprès de 1 000 adultes de 18 ans et plus.