Marché du bio : des bilans en pois et féverole tendus en France

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Le différentiel de prix entre le pois fourrager et de la féverole fourragère sur le marché physique français s’est estompé, allant jusqu’à s’annuler. Crédits : © La Dépêche Le petit meunier

FranceAgriMer a diffusé ses premiers bilans prévisionnels pour la campagne 2026-2027 en céréales et protéagineux bio. Le stock final en pois bio chute de 30 %, contre seulement 5 % en féverole bio. Dans ce contexte, leurs prix se sont raffermis d’une campagne sur l’autre, mais de manière différentielle pour aboutir à un niveau de cours similaire.

En France, les stocks de fin de campagne fondent comme neige au soleil en pois et féverole bio, en cette année de sécheresse persistante et de canicules à répétition. La tension sur les marchés français des protéagineux bio est plus marquée en pois qu’en féverole, comme le montrent les bilans prévisionnels 2026-2027 que FranceAgriMer a publiés le 9 octobre 2026.

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En pois, la chute de la collecte contraint les utilisations

En cette campagne 2026-2027, le stock final en pois bio, au 30 juin 2027, s’élèverait à 2 601 t contre 3 641 t l’an dernier à date, soit en baisse de 29 %.

Cette chute du stock de fin de campagne s’explique par le fort recul de la collecte de pois bio, qui passe de 13 683 t en 2025-2026 à 8 500 t en 2026-2027, soit un repli de 38 %.

Les ressources totales de pois bio ne baissent que de 22 %, à 12 341 t contre 15 747 t en 2025-2026, à la faveur d’un stock de report conséquent (3 641 t contre 1 892 t, soit + 92 %) et d’une hausse tempérée des importations (200 t contre 172 t, soit + 16 %).

Les utilisations de pois bio, pénalisées par l’étroitesse des disponibilités, baissent dans les mêmes proportions (-20 %), passant de 11 956 t à 9 590 t d’une campagne sur l’autre.

Dans le détail, c’est le débouché de l’alimentation animale qui en paie le plus lourd tribut, avec un repli de plus de 1 000 t (à 4 500 t, -19 %). Puis vient le poste des autres utilisations (vente directe aux éleveurs et industries agroalimentaires), qui recule de plus de 600 t (à 3 000 t, -17 %), et celui des exportations qui perdent 500 t (à 1 000 t, - 33 %).

En féverole, la baisse des exportations pallie le manque de disponibilités

En cette campagne 2026-2027, le stock final en féverole bio, au 30 juin 2027, s’élèverait à 8 391 t contre 8 841 t l’an dernier à date, soit en baisse de seulement 5 %.

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Ce repli du stock de fin de campagne s’explique par la chute de 30 % de la collecte de féverole bio (à 25 000 t contre 35 237 t en 2025-2026), qui est partiellement compensée par une hausse de 20 % du stock de report (à 8 841 t contre 7 398 t), en l’absence d’importations.

Les ressources totales de féverole bio ne baissent ainsi que de 21 %, à 33 841 t (contre 42 635 t en 2025-2026).

Les utilisations de féverole bio se replient davantage, reculant de 25 % (- 8 344 t, à 24 950 t). Et ce, malgré la chute des exportations de 74 % (- 8 500 t, à 3 000 t).

Il faut dire que les incorporations en alimentation animale sont estimées en hausse de 600 t (à 15 000 t, + 4 %), pour pallier le manque de disponibilités en pois bio. Et ce, au détriment des autres débouchés (vente directe aux éleveurs et industries agroalimentaires) dont les incorporations ont été rognées de près de 150 t (à 5 500 t, - 3 %).

Un écart de prix entre pois et féverole bio qui s’estompe

En théorie, le prix de la féverole fourragère bio est supérieur à celui du pois fourrager bio, en raison d’une teneur en protéines plus élevée.

Cependant, sur la campagne 2025-2026, l’offre en féverole fourragère bio était telle que ses prix sur le marché physique français se sont tassés, passant en moyenne de 450 €/t en juillet 2025 à 410 €/t en juin 2026. Et ce, malgré des exportations significatives mais qui ont été opérées un peu tard et dans des volumes insuffisants pour soutenir les prix sur le marché intérieur français.

Parallèlement, les prix du pois fourrager bio sur le marché physique français ont évolué en moyenne de 465 €/t à 485 €/t entre le début et la fin de la campagne 2025-2026, en lien avec une offre limitée.

L’écart de prix entre la féverole et le pois fourragers bio qui s’élevait en moyenne à + 15 €/t en juillet 2025 a progressé pour atteindre les + 75 €/t en juin 2026.

Cependant, en cette campagne 2026-2027, du fait de l’étroitesse de l’offre en pois fourrager bio proportionnellement aux disponibilités en féverole fourragère bio, ce différentiel de prix s’est estompé, allant jusqu’à s’annuler certaines semaines (cf. graphique).

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