Essai tracteur Fendt 516 VarioDrive – Prêt à défier les six cylindres
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Bastien Benoist, agriculteur dans l’Orne, a mis à l’épreuve pendant deux semaines le Fendt 516 VarioDrive Gen4 équipé d’un chargeur frontal de la marque. Il partage son retour d’expérience avec ce tracteur de 164 ch.
Les tracteurs Fendt 500 VarioDrive Gen4 adoptent désormais le design de leurs grands frères les 600 VarioDrive. Ils intègrent aussi la transmission à variation continue VarioDrive, qui compte une seule gamme et assure une répartition progressive et continue du couple entre les ponts avant et arrière. Notre modèle d’essai, le 516 VarioDrive Gen4, loge le moteur quatre cylindres Agco Power Core50 de 5 litres développant 164 chevaux. Il profite du système de compensation DynamicPerformance, qui fournit 10 chevaux supplémentaires dès que les accessoires (prise de force, climatisation, ventilateur…) sollicitent le moteur, afin de maintenir une puissance constante. Cette motorisation se distingue par son fonctionnement à bas régime (1 900 tr/min en nominal) et par l’absence de vanne EGR.
Le Fendt 516 VarioDrive Gen4 conserve de ses prédécesseurs la cabine et l’environnement de conduite FendtONE. Cependant, la visibilité est améliorée grâce à l’intégration revue des éléments de dépollution, comme le catalyseur, au niveau du plancher de cabine à droite du capot. Sur le plan de l’hydraulique, le modèle d’essai en finition Profi + compte cinq distributeurs à l’arrière, un à l’avant, un autre pour le relevage avant et trois au centre dédiés au chargeur frontal Fendt Cargo 4.80 Profi. Dans cette finition haut de gamme, il dispose aussi du télégonflage sur les quatre roues, du guidage par GPS, d’une prise de force frontale, d’une caméra à l’avant et à l’arrière, ou encore d’un pare-brise feuilleté dégivrant.
Le Fendt 516 VarioDrive Gen4 est arrivé fin mars chez Bastien Benoist à Écouchées-les-Vallées (Orne). Il a effectué des travaux de fenaison et d’épandage d’engrais, ainsi que de l’épandage de fumier. Il a aussi manipulé des balles avec le chargeur frontal Fendt Cargo.
Moteur nerveux
Régime moteur bas
Rayon de braquage
Visibilité au sol limitée avec le chargeur
Accès au filtre à air
Capacité du réservoir de GNR
J’ai réalisé une première coupe à une vitesse de 11 km/h avec un combiné de fauche avant-arrière de 6,80 m de large, animé à 1 000 tr/min. Le quatre cylindres de 164 ch, particulièrement nerveux, maintenait un régime de 1 860 tr/min sans difficulté, alors que le moteur six cylindres de puissance comparable de mon Massey Ferguson MF6490 dépasse 2 000 tr/min pour le même travail. Les masses de 300 kg sur chaque roue arrière du Fendt étaient nécessaires pour assurer une bonne stabilité et éviter au tracteur de bouger de l’arrière avec la faucheuse latérale de 4 m. J’ai apprécié la forme du capot moteur, qui dégage une visibilité optimale sur l’outil frontal. De plus, le pont avant à entraînement indépendant qui tire activement le tracteur dans les virages m’a permis de réaliser les manœuvres avec mes outils sans arracher le couvert végétal, même en ayant le pied lourd dans les virages. Avec cette fonctionnalité, le Fendt 516 braque aussi plus court vis-à-vis de mon tracteur de même gabarit, un avantage sensible avec le chargeur frontal.
Pour fertiliser les prairies, j’ai utilisé le distributeur centrifuge chargé de 3 t d’engrais. Malgré la masse frontale de 1 250 kg, j’ai senti que l’avant du tracteur était proche de se lever avec l’épandeur rempli au maximum. Le pont avant suspendu du Fendt gomme bien les irrégularités du terrain. Pour cette opération, j’ai valorisé le télégonflage sur les quatre roues pour réduire l’impact du poids sur les prairies humides, en appliquant 1,1 bar au champ, contre 1,9 bar sur la route. Le dégonflage prend 2 min 50 s et le gonflage demande 4 min 35 s. Sur la route, le tracteur atteint facilement 40 km/h à un régime moteur de 1 480 tr/min. Je n’ai jamais eu à véritablement solliciter les freins. L’utilisation du frein moteur et du frein hydraulique de la transmission, activable à l’aide du champignon au plancher, suffisait amplement pour arrêter le tracteur.
À la manutention, la visibilité est plutôt médiocre dès que le chargeur frontal est en position basse. Ceci ne facilite pas l’attelage des outils. Heureusement, le pare-brise panoramique procure une excellente vision lors des travaux en hauteur. Avec deux balles rondes de paille dans la benne multifonction, le tracteur reste stable grâce aux masses de roues et au contrepoids arrière de 1 250 kg. Le circuit hydraulique, débitant 152 l/min, assure des mouvements rapides.
Avec l’épandeur à fumier de 13 m³, je sentais que le Fendt était bien occupé. Il maintenait son régime moteur à 1 800 tr/min pour respecter la consigne de 1 000 tr/min à la prise de force, mais dans les pentes les plus abruptes, la vitesse chutait à 5 km/h au lieu des 8 km/h programmés. Il manquait peut-être encore de rodage avec seulement 56 heures au compteur. C’est par ailleurs confortable de ne pas avoir à gérer le pont avant, puisqu’il s’enclenche automatiquement. Le télégonflage et la gestion intelligente des quatre roues motrices sont efficaces, car, au radar, le taux de patinage restait sous les 5 %, malgré les conditions humides.
Le relevage arrière du 516 VarioDrive Gen4 dispose de bras assez longs pour faciliter l’accrochage des outils. Il s’accompagne de cinq distributeurs, tous équipés d’un levier de décompression. Ces connexions hydrauliques sont réparties de part et d’autre du troisième point. J’ai apprécié pouvoir les attribuer librement aux commandes de mon choix en cabine, comme pour le distributeur piloté depuis l’aile. Le tracteur propose à la fois le freinage double ligne hydraulique et pneumatique. Toutefois, travaillant surtout avec des outils en freinage hydraulique, je regrette la position des prises, placées à droite du relevage, à l’opposé du côté habituel d’attelage. Bien pratiques, les éclairages led intégrés dans les ailes améliorent nettement la visibilité nocturne sur le relevage arrière.
De grand volume, la cabine du Fendt 516 VarioDrive Gen4 repose sur une structure à cinq montants. Elle reçoit, en option, une filtration de catégorie 4. L’accès se fait par trois marches, pas très larges mais bien inclinées, ce qui facilite la montée. La porte de gauche est étroite, mais son angle d’ouverture reste suffisant pour des montées et descentes fréquentes. Le siège haut de gamme tient ses promesses de confort et je n’ai pas ressenti de mal de dos après une longue journée de travail. À l’arrière, la vue sur les bras de relevage est correcte, mais je n’ai aucune visibilité sur le piton. La cabine est aussi très bien isolée phoniquement, notamment grâce au pare-brise feuilleté et à l’espace de quelques centimètres entre le moteur et la cabine. Je suis d’ailleurs bluffé par le silence à bord, même avec des outils animés bruyants qui sollicitent fortement le moteur.
La cabine profite de l’environnement FendtONE, comprenant un accoudoir principal à deux étages, ainsi que deux terminaux tactiles en plus de l’écran du tableau de bord fixé sur la colonne de direction. Sur ce dernier, entièrement numérique, j’ai transféré l’affichage du guidage GPS, ce qui est appréciable pour garder sur le terminal principal un affichage en grand écran des paramètres de mon pulvérisateur. L’écran fixé en bout d’accoudoir sert à configurer le tracteur de A à Z, de la programmation des séquences de bout de champ au réglage de la radio, de la ventilation et du siège. Cependant, n’étant pas un utilisateur de la marque, je reconnais que la formation lors de la mise en route était indispensable pour comprendre tous les pictogrammes et la logique de navigation dans les menus. Le second terminal, s’escamotant dans le toit à droite, permet de faire les mêmes actions que sur le principal.
Toutes les commandes de l’accoudoir principal tombent bien sous la main. Les plus utilisées sont situées sur le joystick pilotant la transmission, comme les régimes moteurs, la mémorisation des vitesses cibles, la sélection du mode de conduite (pédale, joystick, TMS), l’activation du GPS, deux électrodistributeurs et quatre boutons pour activer les séquences de bout de champ. Le joystick 3L placé à droite est, quant à lui, dédié au contrôle du chargeur frontal lorsque celui-ci est attelé. Autrement, ce joystick peut piloter les distributeurs, le relevage ou encore jusqu’à 27 fonctions Isobus. En plus du levier à gauche du volant, la commande d’inverseur de marche est dédoublée sur le joystick 3L et se pilote avec le pouce comme le bouton de la troisième fonction. Au niveau des rangements, le compartiment réfrigéré et chauffant à droite du pédalier occupe beaucoup de place en cabine et réduit l’espace pour les jambes. J’apprécie toutefois la caisse à outils, profonde et étanche, placée à l’extérieur à gauche du marchepied.
Pour l’entretien, le chargeur frontal est gênant et il est préférable de le retirer, car son brancard gêne l’accès aux filtres à gazole et à huile. Le filtre à air est pour sa part haut perché et demande de grimper sur le réservoir de GNR pour l’atteindre. Le panneau latéral gauche dispose d’une ouverture pour accéder à la jauge à huile. Quant au filtre de cabine, il est situé juste en dessous du hayon arrière et facilement accessible sans outil. Le Fendt 516 bénéficie d’un ventilateur à pales réversibles. Celui-ci s’active manuellement ou automatiquement grâce à une temporisation allant de 10 à 240 min. Cet accessoire est très efficace. Même dans mes conditions de travail faiblement poussiéreuses, il souffle une quantité impressionnante de résidus. En revanche, son fonctionnement est très bruyant lors de l’inversion.
Moteur
Puissance au régime nominal (ECER120) avec DynamicPerformance : 174 ch entre 1 600 et 1 900 tr/min
Puissance maxi (ECER120) sans/avec DynamicPerformance: 164/174 ch entre 1 600 et 1 900 tr/min
Couple maxi : 792 Nm
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Nombre de cylindres/cylindrée : 4/5,018 l
Norme et système de dépollution : Stage V/DOC + FAP + SCR (pas de vanne EGR)
Capacité d’huile du moteur : 15,5 l
Intervalle d’entretien : 500 h ou 1 an
Transmission
Type : variation continue avec gestion intelligente des quatre roues motrices VarioDrive TA120
Intervalle d’entretien : 4 000 h ou 4 ans
Régimes de prise de force et régimes moteur correspondants :
540; 540E; 1000 et 1000E à 1 802; 1 432; 1 833 et 1 457 tr/min
Circuit hydraulique
Type : load sensing avec pompe à débit variable à plateau inclinable et pistons axiaux.
Débit : 152 ou 205 l/min
Volume d’huile hydraulique exportable : 50 l
Nombre de distributeurs : maxi 9; 5 ar + 2 av + 2 ou 3 pour le chargeur
Huile hydraulique indépendante de la transmission : oui
Intervalle d’entretien : 2 000 h ou 4 ans/1 000 h ou 1 an avec un fluide biodégradable.
Relevage
Capacité maxi aux rotules (arrière/avant) : 7 890/3 420 kg
Dimensions
Capacité du réservoir de GNR/AdBlue : 290/44 l
Hauteur hors tout : 3,03 m
Empattement : 2 560 mm
Rayon de braquage : 5,05 m
Poids : 6 850 kg
Rapport av:ar : 40:60
PTAC : 11,750 t
PTRA : 44 t
Monte pneumatique du modèle essayé : Michelin Multibib 540/65R28 et Michelin Multibib Plus 650/65R38
Budget
Prix catalogue du modèle essayé au 1ᵉʳ septembre 2025 avec prédispo chargeur/avec chargeur et godet (2,10m) : 339 609/366 805 euros HT
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