Dresser une cartographie de la densité de floraison pour affiner l’éclaircissage est l’objectif de l’outil Cclair d’AgriConnect, testé par le CTIFL depuis 2023 et présenté à MécaF&L, le 2 juillet dernier.
La promesse de l’outil Cclair d’AgriConnect est d’éclaircir avec plus de justesse. Il dresse une cartographie de la densité de floraison dans une parcelle en distinguant cinq classes. Le producteur décidera à partir de quel seuil il traite ou pas. L'outil est particulièrement pertinent en cas de parcelles hétérogènes dans le verger.
La première étape est de définir la parcelle dans l’application Cclair. L’acquisition des données de floraison se réalise grâce à un boîtier fixé sur un mât porté par un tracteur, avançant à une vitesse moyenne de huit à dix kilomètres. « Le boîtier photographie le rang tous les deux mètres du côté le mieux exposé. L’acquisition est possible à deux stades phénologiques : E2 ou F2 », précise Sarah Schajer, ingénieure de recherche au centre CTIFL de La Morinière, en Indre-et-Loire, où cette solution est en test sur pommiers depuis 2023. La prise de vue est couplée à une antenne GPS RTK pour géolocaliser les données.
L’algorithme de Cclair interprète les photos pour établir la carte de la densité de floraison. La carte est entrée dans la console de modulation du pulvérisateur. Selon les catégories de densité de floraison, l’arboriculteur va définir s’il éclaircit ou non. « Même avec une simple coupure de tronçon, le fait de ne pas traiter les zones où l’on juge que c’est inutile économise du produit », avance Loïc Mairesse, responsable commercial de Cclair.
Les cinq classes permettent une finesse d’analyse de la parcelle. « On peut ensuite comparer la carte de floraison à une carte au stade petits fruits pour voir si l’éclaircissage chimique a été utile, ou encore d’une année sur l’autre, pour voir l’évolution de l’alternance au sein d’une parcelle », suggère Sarah Schajer.
Une évaluation encore en cours
En 2025, l’équipe Dita (Durabilité des itinéraires techniques en arboriculture) de La Morinière a chiffré à 9,2 % la proportion d’arbres présentant un écart de trois ou quatre classes entre la notation visuelle établie par l’expérimentateur et la notation de Cclair, ramenée à l’arbre grâce à une canne d’arpentage RTK. Pour 68,5 % des arbres, il y a la même notation ou une classe d’écart. « Des résultats que l’on trouve intéressants », juge Claude Coureau, responsable de l’unité d’expérimentation Dita.
« Le fonctionnement de Cclair nécessite plusieurs briques qui doivent communiquer entre elles », prévient toutefois Sarah Schajer. Le boîtier et la console Cclair qui traitent les données à partir des photos prises, l’antenne RTK qui permet de géolocaliser ces données pour établir la cartographie, et la console de modulation du pulvérisateur qui doit ensuite être capable de lire cette cartographie et d’envoyer les bonnes informations au pulvérisateur. « Le pulvérisateur doit être compatible Isobus », insiste-t-elle.
Le capteur Cclair est disponible en prestation, location ou vente. Loïc Mairesse évoque un prix de vente de 19 900 euros auquel s’ajoute une offre de services dont le coût annuel varie de moins de 100 à 250 euros par hectare en fonction de la surface. Cclair s’est rapproché des concessionnaires dans chaque région pour que la solution soit assurée d’être associée à une console de modulation et à un pulvérisateur adéquats. « Le client peut disposer de la chaîne complète avec un seul interlocuteur », appuie Loïc Mairesse.
Le CTIFL poursuit les essais avec un protocole pour évaluer l’efficacité de la modulation en fonction de la carte. Les premiers résultats seront analysés cet hiver.
Évaluer et organiser les récoltes
Loïc Mairesse, responsable commercial de Cclair, évoque d’autres usages comme le comptage des petits fruits pour l’éclaircissage manuel avec ensuite pulvérisation de talc pour repérer les zones à éclaircir ou pas. Ou encore l’évaluation de la récolte pour anticiper le recrutement des cueilleurs, le stockage en frigo, la logistique de transport ou encore la vente. La technologie est utilisée en noix, kiwi et pruneau. Après test, la méthode est en place pour l’artichaut violet. Le développement est en cours pour la tomate avec analyse des couleurs et calibres.
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