Alors que la saison 2024 a débuté sous de bons augures, le président de l’Aprodec Jean-Paul Mancel dresse pour FLD un état des lieux de la filière : dynamique de plantation, renouvellement des générations, changement climatique et diversification, cahiers des charges IGP, transformation. Où en est-on ?
Alors que la campagne 2024 de la clémentine de Corses’annonce, à date, bonne, Jean-Paul Mancel, producteur et président de l’Aprodec (Association pour la Promotion et la Défense de la Clémentine de Corse), dresse un constat optimiste de la filière corse.
Renouvellement des générations d’agrumiculteurs et dynamique dans les vergers de clémentines et autres agrumes corses
Côté renouvellement des générations, plus de souci à se faire. « Les enfants d’agrumiculteurs reprennent et les néo-arrivants s’installent, remarque-t-il. La clémentine et les agrumes de Corse sont une filière qui fait envie, qui intéresse. Même si c’est une culture qui reste très technique. »
Les producteurs de clémentine de Corse plantent chaque année, environ +50 ha/an
En témoigne la dynamique de plantation, avec environ 50 hectares de clémentiniers plantés en plus chaque année. La filière va donc bien, même trop bien. Jean-Paul Mancel s’inquiète de la possibilité de continuer à écouler tous les volumes de clémentines de Corse« à notre prix » si les volumes disponibles pour le marché augmentent trop.
Les dossiers IGP pour l’orange et le citron de Corse avancent
Les producteurs corses commencent également à planter de manière significative oranges et citons.
Le dossier IGP pour l’orange de Corse et le citron de Corse se poursuit. Il est dans sa deuxième année de travail. « Nous avons déposé le dossier Orange de Corse IGP pour première lecture au service de l’INAO il y a un mois. C’est une bonne avancée », glisse Jean-Paul Mancel.
L’avocat intéresse les Corses dans un contexte de changement climatique
Jean-Paul Mancel note également un intérêt accru pour l’avocat, qui se plante en sus des agrumes. « Ce sont d’ailleurs souvent des producteurs d’agrumes qui se diversifient avec l’avocat. » Quelques essais en mangue ont également été réalisés.
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Une diversification notable dans un contexte de changement climatique. « Oui, nos printemps sont plus chauds. En cela le changement climatique est plutôt bénéfique pour la Corse, confirme Jean-Paul Mancel. Mais il apporte aussi de nouveaux champignons, la lutte contre les cochenilles est plus compliquée, les sécheresses à répétition plus difficiles à gérer. Mais oui, à la condition d’avoir assez d’eau en Corse, nous avons une carte à jouer avec le changement climatique. »
« A la condition d’avoir assez d’eau en Corse, nous avons une carte à jouer avec le changement climatique »
Transformation des agrumes corses : les deux usines sont en fonctionnement
Enfin, les deux unités de transformation d’agrumes corses (celle du GIE Corsica Comptoir ; et celle de L’Atelier Corse Fruits et Légumes avec ses OP partenaires Terre d’AgrumesAgrucorse et l’OPAC) tournent depuis l’année dernière. Elles proposent jus, paillettes congelées, pâtes d’agrumes et autres produits dérivés des fruits non vendus en frais.
« Le marché se met en place, j’ai l’impression que ça marche bien », se réjouit Jean-Paul Mancel. Outre fournir les gros faiseurs européens en jus, la filière développe ses propres produits, qu’elle vend déjà auprès de la GMS française. « D’ici 4-5 ans, j’ai bon espoir qu’on soit bien installés dans le paysage. »
Les deux usines représentent un gros investissement de la part de la filière, soutenue par des aides de la Région et de l’Etat. Elles permettent aussi de valoriser 100 % des fruits corses et de répondre ainsi à une demande sociétale très forte d’antigaspi alimentaire et d’économie circulaire.