Contractualisation en viande bovine : la Bretagne atteindra-t-elle les 30 % d’ici 2028 ?

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Deux jeunes éleveurs des Côtes-d’Armor sont intervenus pendant la réunion d’Interbev-Bretagne. Sans contrats, leur quotidien aurait été différent. Crédits : © Franck Jourdain

La contractualisation peine à décoller dans le secteur bovin. INTERBEV-Bretagne ambitionne de la stimuler dans le futur. L’interprofession organisait il y a quelques jours une réunion publique sur le sujet. Les contrats d’engraissement apportent sérénité et visibilité dans un environnement économique incertain. 

Le chemin vers la contractualisation en viande bovine paraît sans fin. La part de la production contractualisée entre un éleveur et son premier acheteur se situe à 16 % en France et autour de 20 % en Bretagne où la part de l’engraissement est plus forte. 

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Mais on est loin du caractère obligatoire du contrat institué dans les lois EGalim de 2018, 2021 et 2023. Pour relancer la dynamique autour du contrat, Interbev-Bretagne organisait dans les Côtes-d’Armor, le 28 octobre, une réunion intitulée : « quelle stratégie collective pour sécuriser durablement la filière bovine ? ». Car depuis plusieurs années, le secteur de la viande bovine en Bretagne ne cesse de reculer. 

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Vaches allaitantes, veaux et vaches laitières à abattre en Bretagne

Il y a en Bretagne près de 5 000 détenteurs de vaches allaitantes, dont 1 500 sont considérés comme des spécialistes. Le cheptel se compose de 87 000 têtes mais ne cesse de reculer depuis plusieurs années (- 2,6 % l’an passé). Pour éviter que l’importation ne vienne compenser la baisse de la production sur un marché français où la consommation de viande bovine a de nouveau baissé en 2025 (- 3 % à 20,1 kilos par an et par habitant, selon FranceAgriMer), « il faut avoir l’ambition de notre production », souligne Thierry Duval, éleveur et président d’INTERBEV-Bretagne. À ses yeux, il est nécessaire de répondre à l’objectif de « souveraineté alimentaire en produisant une alimentation de qualité, durable et accessible à tous ». 

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Un cinquième des vaches laitières françaises sont bretonnes      

La Bretagne a des atouts incontestables : de grosses unités d’abattage distantes de moins d’une heure et demi des élevages ; le premier cheptel laitier de France (650 000 têtes, soit 20 % du cheptel national selon l’interprofession régionale) ; le second en veaux de boucherie (105 000 têtes). Sans oublier une ferme expérimentale et un centre de recherche en veaux. Par manque d’éleveurs, une partie des veaux (8,94 % des naissances « viande » et 6,34 % des naissances « lait ») partent à l’export. Et pour tourner, les abattoirs bretons font venir plus de la moitié de leurs besoins (57 %) d’autres régions. Autrement dit, il y a de la place pour se développer.

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Des contrats d’engraissement pour planifier et gérer ses prix

Deux jeunes éleveurs des Côtes-d’Armor sont intervenus pendant la réunion d’INTERBEV-Bretagne. Sans contrats, leur quotidien aurait été différent. Installé depuis septembre 2025, Yoann Le Poulard a entièrement rénové un atelier d’engraissement avec un contrat Bigard. Ainsi a-t-il pu convaincre la banque de lui accorder de la trésorerie en attendant la fin des travaux et le démarrage de la production. Florian André, lui, a renforcé la part des animaux (Blondes d’Aquitaine) que commercialisait son père avec qui il s’est installé il y a deux ans. Un contrat gagnant-gagnant. Son partenaire Terroirs et Traditions exploite plusieurs magasins, sillonne les marchés et travaille pour la RHD. 

« Un contrat sécurise la banque, mais surtout l’éleveur parce qu’il est un amortisseur des mauvaises années »

En contractualisant la moitié de ses besoins, il planifie sa mise en marché en volume, qualité et prix. Florian André parle de « la sérénité » que lui apporte le contrat. Yoann le Poulard dit qu’il « dort mieux ». Responsable du marché agricole du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor, Jean-Rémi Bertheleu concède « qu’un contrat sécurise la banque, mais surtout l’éleveur parce qu’il est un amortisseur des mauvaises années ». C’est un message qui n’est pas passé l’an passé : les cours étaient hauts. Mais avec des cours de nouveau à la baisse cette année, les contrats retrouvent de l’intérêt. Thierry Duval table sur une production contractualisée de 30 % d’ici « deux à cinq ans » contre 20 % environ actuellement en Bretagne.

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