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L’abattoir de poulets Duc a révisé son modèle économique

Requinqué par son rachat par Plukon en 2017, Duc développe son poulet conventionnel et transforme son poulet certifié, ce qui le conduit à recruter des éleveurs, notamment dans l’Aube et la Marne.

C’est peu de dire que Duc a failli passer l’arme à gauche en 2016, après avoir vu son chiffre d’affaires baisser de 18 % entre 2013 et 2016 et cumuler 11 millions d’euros de pertes cette même année. Depuis son rachat par Plukon début 2017, l’entreprise s’est radicalement transformée. « Nous nous sommes concentrés sur moins de produits, avec l’intention de viser l’excellence opérationnelle », explique Damien Calandre, l’ex-directeur industriel promu directeur général. Sur le plan industriel, 30 millions d’euros (M€) ont été investis dont plus de 20 M€ pour le site amiral de Chailley.

L’abattoir a entièrement été refait tout en continuant à travailler. Sa capacité est passée à 700 000 poulets par semaine. Les travaux s’achèvent par la réfection du quai de réception entièrement fermé, climatisé et équipé de l’anesthésie au gaz. « Nous avons atteint les standards européens », se félicite Damien Calandre. Aujourd’hui, l’abattoir traite 600 000 poulets par semaine, mais il manque encore de poulets issus de sa propre filière amont, comptant la reproduction, la fabrication d’aliment et des éleveurs partenaires. L’usine achète donc du vif auprès de trois fournisseurs (De Heus, Force Centre et Sanders).

Besoin de 80 000 m2 pour du poulet standard

Du côté des produits, le poulet bio a été arrêté et le certifié stabilisé. L’effort de développement a porté sur le poulet conventionnel, rebaptisé Duc Volaille française. « Nous avons aussi fait le choix de changer de génétique en passant de Hubbard à Aviagen », poursuit le directeur. Ce qui depuis 2017 a impliqué des adaptations des bâtiments et des éleveurs à cette souche plus performante, mais en revanche plus exigeante. »

Pour atteindre cette excellence opérationnelle, Duc a besoin de nouveaux bâtiments eux aussi dans les standards européens. Sur la zone Nord, le parc de 225 000 m2 doit être agrandi de 80 000 m2 dans un rayon de 100 km autour de Chailley situé seulement à 6 km de l’Aube.

 

Ce département et le sud de la Marne sont des zones de développement à privilégier pour trouver de nouveaux éleveurs. « Nous avons déjà 55 000 m2 dans l’Aube. Les agriculteurs ont des capacités de financement, ils se posent des questions sur leur diversification et ils sont en général techniques. »

Ces nouveaux bâtiments de 1 500 à 1 800 m2 seront en priorité consacrés au poulet conventionnel. L’entreprise accorde 30 euros/m2 pour donner un coup de pouce au démarrage de l’atelier. Par ailleurs, Duc planifie la construction de cinq bâtiments pour la production d’œufs à couver de la souche Ross.

 

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Passage progressif au Better Chicken Commitment

Quant au poulet certifié, qui a été à l’origine de la création de Duc en 1990, s’il est maintenu en volume (environ 230 000 par semaine), il a baissé en part relative de 66 % à 40 % des volumes abattus. À la demande de distributeurs de la GMS, il a subi un important lifting après 18 mois de gestation.

Depuis fin septembre, les éleveurs de poulets certifiés Duc adoptent progressivement le cahier des charges du Better Chicken Commitment. Le BCC inclut une souche à croissance intermédiaire (c’était déjà le cas), de la lumière naturelle, des perchoirs, l’enrichissement du milieu, des mesures pour le bien-être animal à l’abattoir (plan de prévention canicule, anesthésie au gaz). Et surtout une moindre densité pour respecter le poids maximum de 30 kg/m2.

L’abattage à 56 jours minimum ne sera plus de mise, ce qui permettra de produire un lot de plus par an. Les premiers poulets Duc Bien-être animal seront disponibles en magasins avant la fin de l’année. Alors qu’il a fallu deux ans pour transformer la production conventionnelle, Duc se donne un an pour faire une bascule, le temps que les marques de distributeurs l’adoptent.

 

Lire aussi La brumisation pour un démarrage optimal des poulets Duc

Duc en chiffres

• 187 Millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 pour 57 650 t commercialisées, 30 M d’euros investis depuis 2017 ;
• 809 collaborateurs et 171 éleveurs ;
• Filière nord : abattoir et fabrication d’aliment à Chailley, couvoir à Charolles avec fermes de ponte, 225 000 m2 en production ;
• Filière sud : abattoir de Saint-Bauzely dans le Gard et, dans la Drôme la fabrication d’aliment à Montmeyran, le couvoir à Crest avec fermes de ponte, 100 000 m2 en production ;
• Riec-sur-Belon dans le Finistère : élaboration de 3 800 tonnes de panés à partir de dindes fournies par Eureden (20 % du CA).

En savoir plus sur la filière volailles de chair du Grand Est

Le service économique de la direction régionale de l’alimentation, agriculture et forêt (Draaf) de la Région Grand Est vient de publier une « fiche filière volailles de chair » de six pages. Ce document recense et localise les capacités d’élevages, ainsi que les couvoirs et abattoirs.

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