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Faire de la biosécurité un atout

Le renforcement de la protection sanitaire des élevages bouscule des éleveurs qui, en plus d’investir, doivent rompre avec leurs habitudes et acquérir de nouvelles façons de travailler.

© A. Puybasset

Alimenter, abreuver, veiller au confort sont des préoccupations quotidiennes pour maintenir ses animaux en bonne santé et qu’ils produisent sans gaspiller de ressources. Mais depuis longtemps, compter sur les seules défenses de l’animal, innées ou acquises (vaccination par exemple), n’est plus suffisant. D’autant que certains de ses agresseurs invisibles ne sont pas pathogènes pour leur hôte aviaire. C’est le cas de la plupart des salmonelles portées sans incidence mais pathogènes pour l’Homme. Dans les années 1980, c’est ce qui a conduit les autorités à mettre en place un plan de lutte dans la filière œuf, étendu bien plus tard aux filières chair. Outre les mesures d’abattages des reproducteurs en cas de détection, ce plan prévoyait la protection sanitaire des sites : créer un obstacle infranchissable vis-à-vis du pathogène pour éviter qu’il n’entre dans l’élevage ; et au cas où l’élevage serait touché, éviter qu’il en sorte.

Depuis le 1er juillet 2016, l’exception est devenue la règle. La « protection sanitaire » a fait place à la « biosécurité ». La persistance des virus de l’influenza aviaire au sein de l’avifaune sauvage mondiale et les deux épizooties françaises ont fait entrer la biosécurité dans le quotidien des élevages de volailles et gibier, quel que soit le mode de production. Compte tenu des impacts économiques nationaux, chaque site a une responsabilité personnelle vis-à-vis des filières avicoles. Cela étant, la biosécurisation peut être difficile à mettre en œuvre pour des éleveurs jusqu’alors peu sensibilisés et dans des élevages où les ateliers, les espèces, les productions et les âges s’entremêlent. Même s’ils ne répondent pas de prime abord aux principes du tout plein-tout vide (vide sanitaire), de la bande unique (même âge et espèce) et de la sécurisation en anneaux emboîtés (zone externe, intermédiaire, interne), ils ont l’obligation de s’adapter au fameux arrêté du 8 février 2016. Cependant, il existe presque toujours des solutions de bon sens, moyennant la réorganisation des ateliers et des pratiques. D’autant que des adaptations ont été récemment permises par les autorités. Néanmoins, certains principes de base restent incontournables, tel qu’un sas sanitaire qui doit être bien conçu pour être bien utilisé et efficace. Comme le montre Alicia Le Bec dans les pages qui suivent, un bon sas est aussi pratique et confortable.

Jusqu’à présent, l’administration a fait preuve d’une certaine mansuétude vis-à-vis des quelque 30 % d’élevages présentant des non-conformités majeures. Elle estime qu’ils sont encore dans la période d’appropriation de la biosécurité et de la mise en action. Jérémie Joandet, producteur en volailles label rouge des Landes, et Nicolas Bronsard, producteur de dindes dans le Morbihan, témoignent que la biosécurité s’acquiert au jour le jour. Avant de devenir un geste du quotidien, il faut passer par un apprentissage parfois chronophage et coûteux.

Un dernier point mérite d’être souligné. Depuis les épizooties d’influenza, les résultats techniques des élevages de palmipèdes du sud-ouest en filière longue se sont améliorés. Est-ce l’effet des vides sanitaires prolongés ou de la biosécurité ? Si les sites parviennent à empêcher l’entrée des virus influenza, il est probable que des pratiques régulières de nettoyage-désinfection et de vide sanitaire auront un effet bénéfique sur les autres agents pathogènes des volailles.

« Le frein à la biosécurité est surtout psychologique »

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